Peinture murale de Dominique Larrivaz représentant un chien allongé et souriant, visible rue des Frigos, à Paris 13
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Promotion et communautés

Il y a quelques mois, je m'étais fendu d'un petit texte obscur et un brin idéaliste sur l'état de liberté dans les communautés OpenSource, ces drôles de micro-sociétés qui rassemblent autour d'un projet informatique basé sur le partage de la connaissance, des gens d'une réelle et oxygénante diversité (remember, emilpoe ?).

Retour sur ces notions.


C'est un article (un peu ancien...) de l'ami agemen qui m'a donné l'envie de replonger dans les délices personnelles de la philosophie de comptoir...

Promotion est un mot qui illustre bien comment le vocabulaire peut lui aussi être victime de la sociéte de sur-consommation.
À l'origine, promotion est un mot plutôt valorisant illustrant le déplacement du bas vers le haut de l'échelle sociale, d'un groupe d'individus répondant aux critères d'une méritocratie d'ordre martiale. Aujourd'hui le mot évoque davantage l'abaissement du prix d'une chalandise et le piège commercial qui s'y cache.
De la confiance à la méfiance, donc...

Aussi, parler de promotion du logiciel libre peut prendre un double sens et d'une même parole fonder deux actes contraires.

Point de départ : les logiciels libres, s'ils appartiennent à leurs concepteurs au titre de la propriété intellectuelle, sont surtout sous la dépendance exclusive de leurs utilisateurs. Aucune Sociéte commerciale ne peut obliger à l'emploi de tel ou tel logiciel libre : seul l'utilisateur est maître de son choix et à ce titre, participe au mérite et à la promotion "à l'ancienne" de ses logiciels favoris.
Ici, nul besoin de mise en lumière artificielle. Certes, les critères d'un utilisateur (pas spécifiquement technicien) seront sensiblement différents de ceux d'un concepteur, mais qu'importe : le but premier d'un logiciel, qu'il soit libre ou privateur, est d'être utile, de s'acquitter d'une tâche précise.
Dans cette acception-là, l'utilisateur est bien la personne la plus compétente (il représente ici "l'ordre martial") pour estimer quel est le logiciel qui s'acquitte au mieux de la tâche qu'il lui confie.

a contrario (de janeiro), si ce jugement devait être laissé aux concepteurs comme c'est le cas chez Microsoft® ou Apple®, quels critères objectifs de performances en terme de service rendu seraient retenus ? Le plus rénunérateur, certainement. La logique financière du modèle capitaliste d'aujourd'hui l'exige.

Une simple expérience de consommateur en hypermarché montre assez bien quels peuvent être les effets d'une telle logique : vous ne repartirez que rarement avec ce que vous aviez décidé d'acheter en quittant votre domicile mais plus souvent (par manque de temps et/ou d'éléments de comparaison) avec ce que l'hypermarché aura "mis en valeur" (notamment en en abaissant la valeur...).


La liberté effective d'un logiciel (donc celle de son utilisateur) ne repose peut-être pas tant sur la possibilité technique de lire et de modifier celui-ci (le logiciel, pas l'utilisateur...) que sur la capacité de l'utilisateur d'un logiciel libre à informer puis à former d'autres utilisateurs sur le potentiel de ceux-ci (des logiciels, pas des utilisateurs...).

À cet effet, blogs, sites, forums, magazines, install-parties ou simples discussions à la terrasse ensoleillée d'un petit bar où la bière ne manque pas sont, chacun à sa manière, la meilleure des promotions. Car on y parlera d'expériences, de résultats, de relations mais jamais d'argent en tant que critère de performances.
Attention, toutefois, à ne pas confondre logiciels libres et logiciels gratuits.
Même si les logiciels libres sont souvent gratuits, ce n'est en rien une obligation. La confusion provient d'une mauvaise traduction mot anglais "free" qui peut signifier aussi bien "libre" que "gratuit"...
D'où le mot d'ordre de la Free Software Fundation :« Free As Freedom ! »


6 commentaires

  1. #1

    Par le à

    Salut,

    Je me souviens bien de ce "petit texte obscur" ;)

    Ton analyse me parais très bonne, sauf au niveau de la "propriété intellectuelle", c'est pas parce qu'on créait quelque chose qu'il nous appartient, on n'appartient pas à nos parents et nos enfants ne nous appartiennent pas.
    On créait, on donne vie, on n'a pas le droit de s'approprier ses créations sinon on va contre le progrès, contre la société...

    ...

    Pas bête ton idée de reprendre une bière, t'as mes coordonnées ;)

  2. #2

    Par le à

    En ce qui concerne la propriété intellectuelle je me place juste du point de vue légal pour coller au contexte actuel.

    Après, si ça ne tenait qu'à moi, les seuls personnes au chômage seraient les serruriers ! ;)

  3. #3

    Par le à

    ...qui sont d'ailleurs les seuls qu'on met à la porte pour qu'ils travaillent :p
    Bon anniversaire!

  4. #4

    Par le à

    :) bien vu ! (et merci)

  5. #5

    Par le à

    Y'a longtemps, j'avais traduit ça : http://alxg2.blogspot.com/2007/11/les-valeurs-directrices-de-la-communaut.html
    Pour qu'elle puisse se mettre en avant, la communauté doit savoir qui elle est. Celle d'opensuse est élargie. Pour notre plus grand plaisir. Les forces d'une distribution ne sont pas que dans son code!

  6. #6

    Par le à

    Commentaire certes peu constructif mais spontané, juste pour saluer la beauté de la dernière phrase.

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