Peinture murale de Dominique Larrivaz représentant un chien allongé et souriant, visible rue des Frigos, à Paris 13
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Pomme de discorde

Steve Jobs est mort.
Et alors ?


Évidemment, cette nouvelle ne me fait pas hurler de joie mais elle ne m'attriste nullement et à cela plusieurs raisons.

1. La mort est l'aboutissement de la vie, ce qui la valide en tant que parcours. À partir de maintenant (une fois séchées les larmes de crocodiles), le vrai Steve Jobs va peu à peu se dévoiler. Et l'on s'apercevra que celui qui est mort n'est pas un "créateur" mais un "patron" aux méthodes parfois discutables (les ouvriers chinois de Foxconn ne me contrediront pas).

2. Les soi-disantes "inventions" d'Apple n'en sont évidemment pas. En informatique, même si l'évolution technique est plus rapide que dans d'autres secteurs industriels, toute nouveauté est l'aboutissement d'un processus. Steve Jobs, en tant que spécialiste du marketing (seul secteur à pouvoir réellement pleurer la disparition d'un maître) a su vendre des évolutions qui à la base ne sont pas les siennes (l'interface graphique, la souris, les effets 3D, etc...).

3. À l'heure d'Internet et de son modèle de partage de connaissance pour le bien de tous, Apple a choisi d'emprisonner ses clients derrière des barreaux certes chatoyants tout en faisant en sorte (et là, je salue le cynisme) que les dits clients se jettent volontairement dans ses prisons numériques...


Steve Jobs est mort. Et alors ?
Seuls ses proches doivent éprouver de la tristesse (et ils ne liront pas ce billet), les autres, qui ou que pleurent-ils exactement ?
Un personnage de cinéma (il doit y a voir un sacré bordel à Hollywood en ce moment pour déterminer qui sortira la première biopic du bonhomme...), une icône numérique, une personnification du rêve totalitaire : cacher la réalité derrière le faste et la lumière (le design) et jouer sur le culte de la personnalité (l'homme en noir).

Rest in peace néanmoins, ce n'était qu'un homme, pas un dieu.


5 commentaires

  1. #1

    Magnifique ! Juste magnifique !!!
    Les larmes de crocodile ont le don de m'exaspérer au plus haut point, comme si la mort de Steve Jobs allait changer quoi que ce soit dans la vie des gens (qui pleureront sans doute quinze fois plus à la perte de leur iPhone/Mac/Pod/Pad)...

  2. #2

    Par le à

    Ce qui me chagrine c'est de penser qu'il sera aussitôt remplacé, comme les gansters. Un de perdu, dix de retrouvés !

    -Ai-je déja dit que je suis technophobe ?- ^_^

  3. #3

    Par le à

    L'homme est mort, pas ce qu'il a fait.
    Une chose est sure il ne fera plus...

  4. #4

    Par le à

    j'ai adoré lire cet article , et cerise sur le gâteau ceux qui pleureront quinze fois plus leur perte iphone , et autre .

  5. #5

    Par le à

    Bonjour,

    Je comprends votre point de vue et je ne suis pas d'accord.

    Personne n'a jamais rien inventé à partir de rien. Chaque créateur invente à partir de ce qui existe, de ce qu'il connaît et de ce qu'il sait faire avec ce qu'il a imaginé.

    Steve jobs était une personne remarquable. De nombreuses "inventions" d'Apple, de Next, de Pixar sont de son seul fait et non de ses employés. Il se distingue ainsi de la caricature de vilain patron que vous lui collez.

    Un génie à regretter également c'est Ritchie, le créateur d'unix.
    Ce n'est pas un patron, il sera plus facile à regretter, mais il est également admirable.

    Bien cordialement

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