Peinture murale de Dominique Larrivaz représentant un chien allongé et souriant, visible rue des Frigos, à Paris 13
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Juste une étincelle...

Pour commencer, il est amusant de noter que l'étincelle est celle qui allume... et non celle qui éteint !  :)
La suite va être beaucoup moins drôle puisque je vais te parler de la révolution qui vient et qui n'attend plus, justement, qu'une étincelle...


Rassure-toi, je ne suis pas devin et je ne lis pas l'avenir dans les fraîches entrailles d'un quelconque député.

Je ne te donnerai ni l'heure ni le lieu de départ de cette folle festivité, non plus que son programme détaillé.
Par contre, mes signaux internes me font dire qu'un truc énorme, en gestation depuis près d'un siècle, est en train d'arriver à maturité.

La situation actuelle de la planète, pour alarmante qu'elle soit, n'est qu'une conséquence.
Conséquence de l'égoïsme (et pas seulement celui des nantis), conséquence de l'indifférence, conséquence de l'avidité, conséquence enfin de l'incompétence notoire et répétée des politiciens qui nous emmerdent depuis 1918 !
Une conséquence, donc une fin. Fin d'une civilisation matérialiste, fin d'une civilisation de l'objet.

Aujourd'hui, tout est objet. Les objets comme les sujets.
Le sujet qui réalise l'objet (le travailleur) est devenu l'objet dépendant du sujet qui utilise l'objet (le consommateur). Le sujet utilisateur (lui-même objet réalisateur) est devenu l'objet dépendant du sujet décideur (le politicien, le banquier), lui-même devenu l'objet du sujet électeur (le travailleur, le consommateur et le décideur).
Dans un parcours de vie contemporain, et bien qu'un même sujet puisse être exclusivement, alternativement ou concomitamment, sujet réalisateur, sujet utilisateur et/ou sujet décideur, un sujet n'est finalement qu'un objet dont la valeur marchande dépend fortement des fonctionnalités dont il est pourvu, fonctionnalités implantées par et pour une société qui aura consumérisé jusqu'à sa fin : car la révolution est aussi un business !

Constat : l'américanisation du monde est un échec.

Par américanisation du monde, il faut comprendre la fabrication d'une société strictement pyramidale à la gloire de l'éphémère par le biais de l'auto-anthropophagie et dans laquelle :
— l'être humain est un produit comme un autre ;
— la technologie, de libératrice, est devenue coercitive ;
— les valeurs d'échange sont devenues des valeurs de stock ;
— l'essence est l'absence de sens.


L'américanisation du monde est un échec mais c'est pourtant sur cette plateforme qu'il va falloir reconstruire l'après-révolution, tout simplement parce qu'elle est la plateforme la plus récente donc la plus susceptible d'être revue et corrigée.
Il ne s'agit pas de faire table rase et de reconduire les erreurs qui ont transformé les révolutions du passé en monstrueux repoussoirs totalitaristes.

Il y a malheureusement de fortes chances (ou de gros risques...) pour que les débuts de cette révolution produisent plus d'hémoglobine qu'il n'en sera nécessaire pour repaître l'intégralité des moustiques et sangsues de la planète...
Les "printemps arabes", pour nécessaires qu'ils soient, le montrent assez bien : la colère appelle la violence qui appelle le sang qui appelle la vengeance qui appelle la colère, etc...

Et ce n'est pas la "compensation" non violente des "indignés" qui permettra d'équilibrer le rapport de forces. La révolution, au moins dans sa phase initiale, sera terriblement et aveuglément violente.
Comme un formidable et gigantesque défouloir. Comme pour se soulager de 5000 ans (à quelques jours près) d'incarcération.

À l'issue des inévitables drames humains qu'elle engendrera, la révolution se posera surtout cette incontournable question :
« Et maintenant, on fait quoi ? »


Peut-être arrêterons-nous de nous comporter comme des chiens, pucés, élevés, éduqués pour devenir ceci ou cela en fonction de notre pedigree ou du besoin de nos maîtres : chiens de chasse, chiens de berger, chiens policiers ou chiens de compagnie...
Nous en finirons alors avec le cynologisme et pourrons envisager un retour au cynisme original de Diogène et de son tonneau.

Le tonneau est là, il est rempli de poudre...
Ne manque plus qu'une étincelle.


5 commentaires

  1. #1

    Par le à

    Salut,

    oui, un feu de tourbière...
    Cette future et inévitable "révolution" me fais peur...
    C'est maintenant et sans attendre qu'il faut se dire « Et maintenant, on fait quoi ? », avant que tout s'écroule et nous (nos idées) avec...

  2. #2

    Par le à

    Ce serait mieux mais tu connais les hommes, emilpoe : on tape d'abord, on réfléchit ensuite... :(

  3. #3

    Par le à

    Salut,
    Il est clair que la bourgeoisie ne lachera pas prise aussi facilement ses positions. Par contre, la maturité est elle là ? D'un coté la crise a un fabuleux effet pédagogique, mais la peur du changement est toujours là, présente . Sans perspective - que les gentillets indignatos ne peuvent esquisser - pas de salut. pardon pas d'etincelle.

  4. #4

    Par le à

    @ xiloa : oui et non.

    Des pespectives pourraient permettre d'échapper à la folie qui guette...
    Encore faudrait-il qu'elles soient suffisamment claires et propres à réunir une grosse (très grosse) majorité de nos contemporains...

    Je ne suis pas très optimiste sur cet aspect et je parierai plus sur une réflexion "du lendemain" (oui, comme la pilule du même nom).
    Et comme on ne fait rien de bon dans la panique, le remords et la peur de l'inconnu... on n'avancera pas énormément.

    Je crois d'ailleurs que c'est sur ce sentiment et cette peur du "chaos" que surfent les révolutionnaires professionnels (remember, la révolution est aussi un business !) : en réduisant systématiquement leurs "théories" au plus petit dénominateur commun (la religion, la planète, la famille, la nation, la région, etc...), ils sont certains de ne pas être suivis et peuvent continuer de jouer les rebelles de paille avec la bénédiction du pouvoir en place qui les utilise très largement comme "soupapes" et comme repoussoirs.

    Les derniers G20 et les confrontations entre forces de l'ordre et "blackblocks" sont à ce titre assez symptomatiques tout comme la guerre démesurée de la plus grosse armée du monde (l'OTAN) contre une poignée de talibans, ou la gestion des conflits sociaux par des syndicats aujourd'hui largement sur-représentés.

    Ça permet de laisser croire que :
    - l'anarchie n'est que violence ;
    - l'islam n'est que terrorisme ;
    - la grève n'est que prise d'otages ;
    - etc, etc...

    Il n'y a qu'a voir comment est traitée médiatiquement la grève des agents de sûreté des aéroports : la fin du monde !
    Des empêcheurs de se goinfrer de dinde en famille !!

    J'attends autre chose de la révolution qu'une bataille rangée entre idéologues arrangés et cogneurs dérangés ! :D

    Je vais donc continuer à suivre ma propre route...

  5. #5

    Par le à

    juste une étincelle? le titre est équivoque, et peut faire flamber l'imagination... ^^
    surtout l'imagination, des pekins qui ne sont au courant de rien!
    cela dit, ce blog fait de la résistance: toujours pas de pubs, et un "pluxml" clean de derrière les fagots.
    Moi perso ça me donne envie de me remettre à WordPress!

    & Bonne année &012

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