Peinture murale de Dominique Larrivaz représentant un chien allongé et souriant, visible rue des Frigos, à Paris 13
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La ville des chiens heureux

Happy dogs.
Il y a de nombreux parcs où gambader tranquillement. Sur les pelouses, entre deux courses folles, toutes babines au vent, ils déposeront, goguenards, leur trop-plein de croquettes. Les maîtres se hâteront de ramasser et d'enfermer soigneusement les déjections dans un joli petit sac en papier kraft portant armoiries de la ville, tout comme les poubelles proches.
Ils sont rarement en laisse et répondent dociles aux ordres basiques.
Quand ils se rencontrent, ils ne s'aboient pas après. Ils ne se battent pas non plus.
Ils se reniflent longuement (comme beaucoup d'humains aimeraient pouvoir le faire) et, s'ils s'apprécient, partent jouer ensemble. Sinon chacun reprend son chemin.
Ils sont autorisés à se baigner dans les fontaines et à aller y chercher la baballe qu'on leur a lancé avec une catapulte à baballe, chose que je n'avais encore jamais vue. Assis sur un banc (ou là où tu veux), tu récupères la baballe que ton chien a déposé à tes pieds avec une espèce de longue cuillère en plastique qui te permet, d'une part, de ne pas avoir à te baisser (feignasse), et d'autre part, de ne pas te salir les mains avec ce mélange si caractéristique de salive, de poussière, de feuilles en décomposition et d'excréments variés, mélange qui recouvre inexorablement toute baballe digne de ce nom.

Bienvenue à Prague, la ville des chiens heureux !

[Bonus : quelques photos.]


Prague est mondialement connu pour son fameux Printemps.
Mais l'été n'y est pas mal non plus : du soleil "pleins phares" et une température cuniculaire caniculaire.

Contrairement à Liège, ville francophile en pays francophone, Prague se situe vraiment à l'étranger.
Dès la sortie de l'avion, c'est clair : l'alphabet semble familier mais il y a des accents partout, même sur les consonnes. D'ailleurs, parfois, il n'y a que des consonnes !
Jette un coup d'œil à la page Paris sur le wikipédia tchèque...

Et, toujours contrairement à Liège, je n'ai cette fois aucune correspondante sur place pour m'informer des quelques rudiments de base sur la vie sociale praguoise.

Alone in the jungle !


Comment te raconter Prague ? Je n'y ai passé que cinq jours, j'ai donc assez peu d'informations pour faire le guide touristique mais suffisament d'impressions pour te donner envie d'y aller.

Dans le désordre, comme d'habitude.

Prague est une ville méga-historique donc archi-touristique, notamment dans sa partie centrale, des deux côtés de la rivière-au-nom-imprononçable-pour-un-français (mais qui s'écrit comme ça : Vltava). Le quartier du Château et des ambassades sur la rive gauche, la vieille ville sur la rive droite (pour simplifier).

Pour visiter Prague, tu as trois possibilités. À pied, à cheval ou en voiture.
Si tu choisis la voiture, tu seras promené à bord d'authentiques cabriolets des années 30. Si tu préfères le cheval, tu rouleras carosse dans de superbes calèches, tirées par deux ou quatre chevaux.

Perso, je l'ai fait à pied. c'est moins cher et surtout, tu te déplaces où et quand tu veux.

Alone but free in the jungle !


Et puis voyager à pied ça donne soif. Une bonne occasion donc de se désaltérer de bières tchèques (Kozel, Pilsen Urquell, Staropramen, Gambrinus...) dans les nombreux cafés de la ville.
Une anecdote marrante à ce sujet. À Prague, absolument personne ne parle le français mais de nombreux établissements arbore de splendides noms "bien de chez nous" avec parfois une totale liberté quant à la grammaire et l'orthographe !

Ces cafés font parfois restaurant. Tu pourras déguster quelques spécialités tchèques (je n'ai pas retenu les noms) à base de saucisses, de choucroute et de pommes de terre, voire de pommes de terre, de saucisses et de choucroute.  :)
Question prix, si les bières restent abordables partout (autour d'un euro cinquante la pinte), il vaut mieux s'éloigner des centres touristiques pour éviter des notes trop élevées (bien que ramenées aux tarifs parisiens, ça reste correct).

Alone and happy in the jungle !


Prague, est une ville superbe, quatre fois grande comme Paris mais deux fois moins peuplée bien qu'aussi bruyante puisque les rues sont relativement étroites (parfois très pentues) et bordées de colossales bâtisses, de six étages ou plus, aux façades somptueusement ouvragées.
Le moyen de transport en commun privilégié reste le tramway qui quadrille l'ensemble de la ville. Il y a aussi des bus et trois lignes de métro souterraines, sûres et rapides.

De manière générale, les praguois sont accueillants.
Visiblement ravis et fiers d'avoir récupéré une nation à développer après les années noires du stalinisme.
À ce sujet, rappelle-moi de faire un article un jour dans lequel je militerais pour – de la même manière qu'on doit parler du nazisme et non de l'Allemagne – qu'on parle de stalinisme et non de communisme pour évoquer les horreurs commises dans l'ensemble de l'Europe de l'Est au siècle dernier et encore aujourd'hui dans les prisons cubaines ou les jungles sud-américaines.
Le communisme est bien antérieur à tout ça et a comme caractéristique d'éduquer suffisamment les peuples pour les libérer des diktats et de l'oppression policière.
Malheureusement, je crains qu'il ne faille trouver un autre mot pour ça désormais... Notamment en République Tchèque.
Parle-leur de communisme et il te découpe aussitôt en fines lamelles qu'ils feront savamment griller pour accommoder leurs délicieux et traditionnels halušky et autres bramborák !

Prague s'ouvre donc au libéralisme occidental comme un mort de faim qui se précipiterait dans une boulangerie-confiserie-vins-&-fromages au sortir d'une diète de quarante ans !
Compréhensible. Prague veut retrouver son glorieux passé culturel et vivre pleinement son présent fait de jeunesse et de projets.

C'est le moment d'aller à Prague.
Bientôt, libéralisme oblige, elle ressemblera à Londres, Paris, Bruxelles ou Berlin : vendue aux multinationales de l'agro-alimentaire et du cosmétique qui sur-enlumineront ses attraits pour mieux la louer aux touristes nouveaux riches des pays émergents !

Avoir été "la mère des villes" et finir en pute mondialisée...

De quoi donner raison à Lewis Mumford qui considère que les cités se développent en abandonnant peu à peu les rondeurs maternelles des premiers villages pour se perdre dans la grandiloquence d'une virilité symbole de gloire et de puissance...

Alone in the jungle again...


18 commentaires

  1. #1

    Par le à

    Finalement ta situation n'est pas si critique... tu fais rêver ! ^_^

  2. #2

    Par le à

    "Bientôt, libéralisme oblige, elle ressemblera à Londres, Paris, Bruxelles ou Berlin : vendue aux multinationales de l'agro-alimentaire et du cosmétique qui sur-enlumineront ses attraits pour mieux la louer aux touristes nouveaux riches des pays émergents "

    Parle plutôt de consumérisme. Le libéralisme en tant qu'idéologie n'est pas pire que le communisme. (doctrine des libéraux, de ceux qui sont partisans des libertés individuelles dans un état, etc.)

    Mais bon, tu as raison, faut se dépécher...

  3. #3

    Pour ma part, je retiens surtout la brasserie "Mon Rouge Pif" qui sied à merveille à la photo de ton CV :D

  4. #4

    Par le à

    @ Véro : criticable, peut-être mais pas encore trop critique... :)

    @ Valentine : un abus de langage de ma part, j'aurais dû écrire "néo-libéralisme thatchérien"... j'y penserais (peut-être) la prochaine fois ! :)

    @ Mademoiselle Catherine : bien vu ! :)

  5. #5

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    .Bof... tout compte fait, libéralisme, néolibéralisme, ultralibéralisme... elles favorisent toutes la libre concurrence. De ce fait le marché se trouve submergée par une multidude de produits qui se battent à coup d'enseignes luminuses et de panneaux publicitaires pour se démarquer... Il est vrai que dans un pays communiste, où tout -quasiment- appartient à l'état, on ne voit pas l'intérêt de fabriquer 36 bières différentes. Une ou deux suffisent... t'as pas le choix. Pas la peine d'en faire la promotion... et les villes sont sauvegardées de toute pollution visuelle !

    En fait t'a raison...

  6. #6

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    Dans un pays "d'inspiration communiste" tout ne doit pas appartenir à l'état (l'erreur des soviets est pricipalement là) : seulement les structures de base de la société (routes, hôpitaux, écoles...).
    Le but principal d'une société "communiste" est de générer un environnement global identique pour chaque citoyen afin que ce dernier s'y épanouisse selon ses propres capacités (manuelles, intellectuelles, artistiques, mélange de deux ou trois) et ne rechigne donc pas à participer volontairement à l'effort de construction (matériel et financier) de cet environnement global. :)

    Bref, un secteur privé dynamique est une conséquence d'un secteur public puissant. En retour, ce secteur privé dynamique contribue à fortifier le secteur public (et ne cherche pas à le remplacer comme aujourd'hui en GB, aux USA et bientôt en France).

  7. #7

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    Eh bien, je ne m’étais pas aperçue que nous vivions dans un pays « d’inspiration communiste ». ^_^

    J’ai une amie qui me disait récemment qu’en France, même la droite est social démocrate. Quant à l’ultralibéralisme vers lequel Sarko voulait nous mener, selon toi… je ne sais pas. Que dire ? Toi qui fustiges les vieux cons, à savoir les gens qui ne savent pas s’adapter au monde dans lequel ils vivent… ce qui les rend… grognons ? –c’est bien cela ?- tu es d’accord sur le fait que nous vivons dans un monde ouvert, sans frontières, sans montagnes, sans mers… où tout circule à vitesse grand V. On parle de fluidification, on parle de géopolitique… Nous sommes rentrés dans une nouvelle ère… nos système d’organisations sont dépassés. Comment penses-tu que nous devions y faire face. Personnellement le principe de social-démocratie me plaît bien. Même beaucoup. Seulement l’état y joue un rôle important et sauf à uniformiser son rôle à tous les pays –avec perte de souveraineté- : même fiscalité, même protection sociale, etc. ça ne peut plus fonctionner. Autre possibilité est celle de limiter le rôle de l’état –ultralibéralisme- Bof…

    Personnellement j’attends la venue d’un Einstein de l’économie qui trouvera THE solution à cette situation inextricable, qui pondra l’idéologie du XXIè siècle à l’ère des technologies et d’internet…. ^_^ Alleluia, alleluuuuuia, alleluiaaaaa….

  8. #8

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    Un "Einstein de l'économie" serait une véritable catastrophe, à mon avis...
    L'économie n'est qu'un outil donné dans un temps donné, comme le furent le silex ou la flèche.

    Le problème est avant tout relationnel : relation entre individus, relation de ces individus avec leur environnement (matériel ou naturel), volonté de durabilité de ces relations.

    L'économie, la guerre, le sport, l'art, ne sot que des outils au service de cette relation.

    À partir du moment où la tendance s'est inversée, quand le relationnel est devenu l'outil pour optimiser l'économie, l'art, etc, nous sommes entrés dans l'ère du consumérisme (même l'Homme devient marchandise).

    Nous vivons effectivement dans un pays "d'inspiration communiste" (ou collectiviste, ou égaliaire, ou n'importe quoi d'autre...) puisque nos lois dépendent toutes de la Déclaration Des Droits De l'Homme de 1789, elle-même inspirée par les principaux écrivains-philosophes français du XVIIIè siècle (Rousseau, Diderot, Voltaire et leurs potes) qui ont tous prôné avec plus ou moins de mesure, l'égalité des droits et des devoirs, donc l'épanouissement de l'individu au sein d'une collectivité choisie.

  9. #9

    Par le à

    Oui, bien sûr, l'économie est un outil. Plus exactement, l'économie est une science sociale qui étudie la production, la répartition, la distribution et la consommation des richesses d'une société. La relation entre les individus passe inévitablement par là... il n'y à qu'à voir comment cette relation se dégrave en période de crise !

    Et je maintiens donc, un Voltaire ou un Diderot de l'économie -c'est possible ?-... avec de bonnes idées pour gérer au mieux notre société de consommation... qui vend des portables aux gens modernes ! ^_^

  10. #10

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    Au fait, c'est quoi le contraire de vieux con ?!

  11. #11

    Par le à

    Le contraire de "vieux con" ?
    Euh... "jeune trou du cul" ? :D

  12. #12

    Par le à

    Donc... J'veux bien un Diderot de l'économie avec de bonnes idées pour gérer au mieux notre société de consommation... qui vend des portables aux jeunes trou du cul !

    Ca'm plaît ^_^

  13. #13

    Par le à

    Un Diderot tout court suffirait. :)

    Encore une fois, l'économie en tant qu'outil, ne peut pas être revue seule mais en adéquation avec tous les autres paramètres qui font d'un groupe d'individu, une société.

    Si l'on consent à refonder la société, on refonde fatalement l'économie (et le reste).

  14. #14

    Par le à

    Fatalement...

    (c'est histoire d'avoir le dernier mot !)

  15. #15

    Par le à

    Avec tout ça, la question reste sans réponse : "Nos systèmes d’organisation sont dépassés. Comment penses-tu que nous devions y faire face ?"

    Par systèmes d'organisation, j'entends la société dans son ensemble, avec tous ses paramètres... même si dans l'immédiat c'est l'OUTIL économique qui merdouille le plus.

    Sur ce je vais aller me faire une caïpi, ça rend moins chiante !

  16. #16

    Par le à

    C'est dans le domaine de l'économie qu'on ressent le plus cette impasse, dans l'immédiat, je voulais dire... mais c'est tout qui est à revoir ! Tu as raison mon choux... Fatalement !

  17. #17

    Par le à

    Tu n'espères pas que je te donne la solution aux problèmes du monde dans ce commentaire, non ? :D

    J'ai bien une idée, évidemment - comme beaucoup de gens - mais ça risque de prendre de la place...
    J'ai cependant un truc sur le feu qui pourrait être un ersatz de début d'embryon de réponse mais j'ai aussi plein d'articles en retard...

    En tout état de cause, une solution - si elle existe - ne pourra être que globale.
    Non pas que la mondialisation soit une chose merveilleuse (elle a ses bons côtés et ses atrocités) mais maintenant que le mouvement est lancé il y a plutôt intérêt à l'anticiper et à l'accompagner car on ne reviendra pas en arrière (ou alors très ponctuellement).

  18. #18

    Par le à

    "Tu n'espères pas que je te donne la solution aux problèmes du monde dans ce commentaire, non ?"

    Bien sûr que si... je commence à te connaître un tout petit peu, je sais que tu as des idées ^_^ et j'ai hâte de lire tout ça...

    AUCUNE solution n'est radicale. Quoi que nous fassions dans ce monde ce sera toujours bancal, mais tant qu'à faire, si ça peut pencher dans le bon sens...

    Eh oui, la mondialisation, on est en plein dedans !!!

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