Peinture murale de Dominique Larrivaz représentant un chien allongé et souriant, visible rue des Frigos, à Paris 13
, - 505 mots - 12 commentaires

Nomade but no mad !

Depuis sept mois que je suis sans domicile fixe (mais pas sans abri), j'ai (sauf oubli) changé treize fois de lieu d'hébergement, entre l'hospitalité bienveillante des ami(e)s et la tournée des hôtels, à Paris, Liège ou Prague.
Pour des durées diverses (de un jour à un mois), pour des prix variables (de exonéré à exorbitant) et sur des distances plus ou mois longues (de 20 mètres à 1030 kilomètres).

Je n'ai jamais été un grand voyageur et prendre le métro me demandait parfois jusqu'à six mois de préparation !
Le changement est donc d'importance.


Bien que toutes ces pérégrinations sont contraintes par ma situation désormais irrémédiable de chômeur-parasite-assisté-fainéant-profiteur, j'éprouve un certain plaisir à effectuer ces déplacements, abstraction faite de quelques contingences matérielles parfois compliquées à résoudre.
Beaucoup de ces changements se sont faits à la dernière minute, sans garantie de trouver le soir même un toit disponible et pour le moment, les choses se déroulent plutôt bien puisque je n'ai pas encore eu à expérimenter la douce fraîcheur nocturne des rues parisiennes. Et dûssé-je m'y résoudre, j'y trouverais bien quelques avantages, écriture oblige.
Aussi parce que le fait d'errer dans Paris peut, par exemple mais ce n'est qu'un exemple, permettre la découverte d'un bistrot tout ce qu'il y a d'ordinaire, dans un quartier où, d'ordinaire, je ne mets jamais les pieds, mais qui se permet d'afficher un tiercé gagnant au fronton de ses pompes à bières : Chouffe, McChouffe, Tripel Karmeliet !
Retiens cette adresse : quartier où je ne mets jamais les pieds, Paris.

Avant d'en arriver là – à tenter de discerner la belle étoile derrière les halos agressifs des réverbères et des lanternes parasites – et en espérant fortement ne pas y arriver – il est peut-être nécessaire de faire un dernier point sur la situation présente et admettre certaines imperfections de ma personnalité pour le moins agaçante, si tant est qu'on puisse considérer comme agaçant le refus d'une misère programmée, progressive, proprette mais irrévocable, une fois maté par le grand jeu d'échec des acronymes (CDD, SMIC, RSA, RER, HLM, TV...).
Et bien que je peux être agaçant pour plein d'autres raisons...

À bientôt cinquante-deux ans, sans métier identifiable, sans diplôme d'importance, et surtout en étant totalement dépourvu de la moindre molécule de soumission à l'autocratie, il parait assez clair que mon avenir professionnel ressemble trait pour trait au centre ville d'Hiroshima par un beau matin de 1945.
D'autant que désormais, j'ai perdu toute volonté de « faire comme si ».

L'idée de me retirer pour écrire (cf cet article), représente la dernière carte que j'estime jouable. Mais peut-être que là aussi je me raconte des histoires...

Je sais pertinemment que le fait de « se retirer » n'a absolument aucune incidence sur les capacités d'écriture de qui que ce soit. Ce n'est qu'un prétexte idiot censé valider une décison qui n'en paraîtrait que plus planifiée, plus raisonnée donc plus raisonnable.
Cela fait tellement longtemps que je laisse n'importe quoi me détourner de cette écriture – oh ! un oiseau – qu'elle va finir par me sortir du corps comme une vomissure incandescente, bouillonnante de tous les poisons non digérés.

Il vaut mieux faire ça plus loin, tu ne crois pas ?


12 commentaires

  1. #1

    Par le à

    Au vu de ta situation je ne vois qu'une solution, que j'ai déjà suggérée ici :
    http://leloupetlechien.com/pluxml/index.php?article128/quelques-reflexions-en-attendant-mon-steack
    et que tu as rejetté avec pertes et fracas... Je ne sais plus qui disait : "on part de l'idéal et on finit par composer avec le réel"

    Tu ne te racontes pas trop d'histoires... Allez...

  2. #2

    Par le à

    Bon, mon histoire de lien n'a pas fonctionné. Je ne vois pas où j'ai fait l'erreur, donc, à priori ce procédé ne fonctionne pas partout (je suis décidemment un boulet en informatique !) rhaaaa... ça me gooooooooonfle...

  3. #3

    Par le à

    Effectivement, les liens dans les commentaires ne fonctionnent pas sur cette plateforme, sorry.
    La prochaine devrait améliorer ce point.

    Quand à ta phrase, je la détournerai (ou plutôt me l'approprierai) de cette manière :

    « On cherche un idéal et on finit par accepter la réalité. »

    ou de celle-ci :

    « On rêve d'idéal tout en composant avec la réalité. »

    ou encore...

    Beau sujet de dissertation, en tout cas. :)

  4. #4

    Par le à

    Léon Blum croyait en la jeunesse pour transmettre l'idéal socialiste... -je cite- :

    Parce qu'ils les croit plus désintéressés ou plus généreux que leurs aînés, et qu'eux même ne le deviendront. Presque tous en vieillissant se montrent plus conservateurs ou moins progressistes qu'ils ne l'étaient dans leur jeunesse... Parce qu'ils sont devenus plus lucides, plus raisonnables, plus réalistes ? Ou simplement plus fatigués, plus résignés, plus craintifs, plus égoïstes ? Blum opte pour le second terme de l'alternative. Il fait confiance à la jeunesse : "Vous ne ferez pas de bas calcul ; le défaut de votre âge est le choix aventureux plutôt que le calcul mercenaire..."

    Tu vois, le problème est que tu es resté un jeune idéaliste ^_^ (peut-être un petit peu à bout de souffle)

    Et si tu essayais de créer un autre site -à côté de ceux que tu as déjà- à but purement lucratif ? Tu fais une petite parenthèse dans tes principes, hein ?! Tu ne perds rien pour essayer -à part ton âme, peut-être- ? (je sens que tu vas m'envoyer promener...)

    PS : Est-ce qu'un chômeur à droit de travailler (légalement) quelques heures sans perdre ses indemnités (comme les retraités ?)

  5. #5

    Par le à

    .Remplace "jeune idéaliste" par "vieil inadapté", ce sera un peu plus juste. ;)

  6. #6

    Par le à

    Toi ? Un vieil inadapté ??? Pffff... Qu'est-ce que moi je dois dire ? ^_^

  7. #7

    Tant que tu gardes ton sens de l'humour, il reste de l'espoir (bien que l'humour, selon Boris Vian, soit la politesse du désespoir, ce qui n'est pas nécessairement incompatible).

    Pour ce qui est du travail, je me trouve moi-même dans un no man's land, malgré une situation très différente de la tienne (notamment en ce qui concerne le domicile). Pourtant, après avoir ressenti de gros moments de détresse, je commence à le vivre étonnamment bien, sans doute parce que certains projets (merveilleusement non-rentables et néanmoins humainement enrichissants, cela va sans dire) pointent le bout de leur nez.

    A toi de trouver un projet qui peut te porter (plus facile à dire qu'à faire, je sais !).
    Et je laisserai le mot de la fin à Confucius:
    "Choisissez un travail que vous aimez et vous n'aurez pas à travailler un seul jour de votre vie."

  8. #8

    Par le à

    Brillant rappel que cette maxime de Confucius. :)

    Cette phrase devrait être gravée au fronton des écoles, ça motiverait peut-être mieux que l'algèbre ou le finno-ougrien troisième langue ! :D

  9. #9

    Par le à

    Sacré bonhomme ce Conficius ^_^

    J'ai toujours éprouvé une vive admiration pour ceux dont le métier est une passion -je crois l'avoir déjà dit- Je consacre beaucop de temps et d'énergie à aider, soutenir et motiver mes gosses dans leurs études, non pas pour qu'ils fassent une brillante carrière d'avocat, par exemple, mais simplement pour qu'ils se donnent les moyens de faire ce qu'ils aiment. Si c'est ébéniste et bien ce sera ébéniste ! Ma fille veut être ornithologue -ça va pas être de la tarte, question débouchés !!!- J'ai vu pas mal d'enfants prendre des voies qui ne leur plaisaient pas simplement parce qu'ils n'avaient pas le niveau suffisant pour rentrer dans tel ou tel établissement d'enseignement.

    PS : ça prend du temps le boulot de mère... tu rajoutes un boulot à plein temps, des travaux de rénovation qui n'en finissent pas... on ne s'étonnera pas si je ne baise que cinq fois par moi... Pfff, une vraie looseuse ! (ça c'est pour Maïa -c'est toi qui hérites de mon tout petit coup de gueule ^_^ -)

    Sinon tu sais ce que j'en penses, tu es fait pour écrire... d'une manière ou d'une autre ! Bisous...

  10. #10

    Par le à

    Cinq fois par mois... J'ai laisser pousser mes ongles pour me donner des allures de "salope" et je tape encore plus mal qu'avant ! ^_^

  11. #11

    Par le à

    Le "cinq fois par moi" aurait pu signifier une belle énumération...

    Une fois par toi
    Deux fois par moi
    Trois fois par doigt
    Quatre fois par voie
    Cinq fois par mois
    Six fois par toit
    etc, etc...

    :D

  12. #12

    Par le à

    Sacré éric... ^_^

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