Peinture murale de Dominique Larrivaz représentant un chien allongé et souriant, visible rue des Frigos, à Paris 13
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Born in the USA

Après l'hystérie collective précédant le vote et les clameurs de joie qui le suivirent, il n'est pas inutile de faire quelques mises au point sur le désormais phénomène Barack Obama. Car enfin, et avant toute autre considération, les Américains viennent simplement d'élire leur nouveau président et ce, comme tous les quatre ans.

(revu et corrigé le 25/03/2015)


Certes, celui-ci n'a pas d'emblée l'aspect bourgeois européen de ses prédécesseurs. Son parcours (pour ce qu'on en connait) ne le prédestinait pas nécessairement à occuper un tel poste. Faut-il rappeler que le président des États-Unis d'Amérique possède un droit de vie ou de mort sur à peu près tout ce qui court, vole, nage ou bruisse paisiblement dans le vent d'automne ?

Aussi, pourquoi tant de passions pour cet homme ?

Le plus effrayant, quand on y réfléchit vraiment, apparaît dans les soutiens quasi unanimes des droites européennes et notamment de la droite française, PS et UMP confondus, car oui, le PS est un parti de droite, j'y reviendrais lors de son très prochain congrès.
Ainsi, les mêmes qui ici combattent l'immigration et (de fait) le métissage au nom d'une soi-disant unité culturelle de l'Europe, les mêmes se comportent en midinettes amoureuses au prétexte qu'un Noir à la Maison-Blanche c'est historique ! Doit-on vraiment leur rappeler que Barack Obama est simplement Américain et qu'à ce titre, sa vie, son oeuvre, ses projets sont américains ? À savoir, être et rester l'âme et le bras de la globalisation culturelle et financière en cours d'achèvement.

Il est néanmoins vrai qu'à tout prendre, son élection s'avère un soulagement si on songe qu'une Sarah Palin (vu l'âge de McCain) eût pu confirmer et renforcer les désastreuses opérations menées par l'équipe de Georges Bush, père et fils.

Mais.
Les États-Unis d'Amérique vont-ils devenir une société égalitaire et fraternelle ? Non, bien sûr.
Le commerce et le port des armes y seront-ils farouchement combattus ? Non, loin de là.
La peine de mort y sera-t'elle abolie ? Ha ! Là, c'est possible, mais surtout parce que ce débat est déjà bien présent dans la société américaine depuis quelques années.
La nouvelle administration signera-t'elle enfin le protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre ? Peu probable.
Les restaurants McDonald's® seront-ils enfin reconnus comme des armes de destruction massive ?  :)

Bref, qu'y a-t'il d'historique à ce qu'un Américain soit élu président des États-Unis d'Amérique ?

Mais, mais... il est noir ! s'enthousiasmeront certains. Pas vraiment et quand bien même ? Les États-Unis pratiquent depuis longtemps une forme de discrimination positive qui fait qu'un noir, un blanc ou un métis est d'abord un citoyen américain, ce qui n'est pas une mauvaise chose en soi comparée à notre arrogante et élitiste société française. De plus, Barack Obama ne s'est jamais défini comme le représentant d'une communauté ethnique particulière mais comme celui de l'ensemble de la population américaine. Et c'est ce représentant-là que les électeurs ont plébiscité. Les scores sont sans appel. Faire de Barack Obama le représentant et le défenseur de la cause des minorités c'est commettre la même erreur qui, ici, a pu faire passer Sarkozy pour le représentant d'une France qui se lève tôt alors qu'il n'est que le hérault de sa classe : celle des gens de pouvoir. Classe à laquelle appartient aussi Barack Obama.

Je ne donne pas longtemps aux thuriféraires d'aujourd'hui pour se désolidariser du « Noir » selon que celui-ci oubliera ou retardera telle ou telle promesse de campagne. L'élection du président des États-Unis d'Amérique a beau avoir un retentissement et une influence planétaire, elle est ce que sont toutes les élections : une opération de séduction et de mensonge.

La seule très bonne nouvelle de cette nuit, c'est le retour de Sarah Palin dans ses foyers. Caribous, aux abris ! Pour le reste, nous devrions être assez vite fixé sur les réelles orientations du gouvernement Obama à l'examen de ses premières décisions concernant l'Irak, l'Afghanistan ou l'Iran.


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