Peinture murale de Dominique Larrivaz représentant un chien allongé et souriant, visible rue des Frigos, à Paris 13
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Liberté : bis

La réflexion sur un sujet fondamental a ceci d'intéressant que chacun peut y participer sans que personne ne s'attribue qui les bons arguments, qui la meilleure théorie...
Chacun est apte selon son éducation, son cadre de vie, sa volonté, ses envies, à dire SA vérité sans contester celle de l'autre.

Le dernier billet d'emilpoe sur la liberté me donne l'occasion d'écrire celui-ci...


Pour apporter mon avis sur la question, je considère la liberté non comme un état d'esprit (comme pourrait l'être la douceur, la violence, la générosité, l'indifférence...) mais comme une recherche perpétuelle. Une recherche en constante adaptation pour tenter d'harmoniser les contradictions ou contraintes entre un état d'esprit et l'environnement dans lequel cet état d'esprit évolue...

Un exemple simple :
Personnellement, j'ai un état d'esprit, euh... comment dire... compliqué. :)
Dans un environnement à fortes contraintes externes (école, entreprise, famille...) ma recherche de liberté va générer toute sorte de conflits qui finiront par m'éloigner plus ou moins définitivement de ces groupes (quelque soit leur qualité intrinsèque).
Au contraire, dans un environnement plus sympathique (amis, amies, animaux, bars de nuit :-D ...) cette recherche pourra confiner à l'état d'esprit puisque je n'aurais pas besoin de "forcer" ma nature (qui est, je le rappelle, euh... compliquée !)

C'est ce qui rend la vie en société difficile : chacun ayant sa propre complexité d'esprit à lier à une recherche de liberté toute personnelle.

Je pense également que cette recherche de liberté n'est pas un acquis (culturel ou social) mais une composante fondamentale et originelle de l'humanité et qu'elle permet à la fois la puissance de la création artistique et l'humilité devant la magie du vivant, justement parce qu'elle se situe dans une dynamique forcenée pour concilier l'inconciliable : un peu comme si nous tentions constamment de rapprocher les pôles de même type de deux aimants...

Les organisations sociales constituées (démocraties, monarchies ou autres...) sont à cet égard contraignantes : leur rôle essentiel est de limiter la recherche de liberté de chaque individu et de lui substituer une proposition de bonheur collectif principalement axée sur la boulimie consumériste dans les sociétés occidentalisées (bouleversement social permanent) ou sur le respect des traditions et des ancêtres dans les sociétés tribales (immobilisme social). Bien sûr, l'organisation des sociétés va au-delà de cette simplification (caricature ?) mais surtout au-delà de ce billet (dans un prochain, peut-être...) !
Face à ces restrictions dans leur recherche de liberté, les individus se rebellent constamment : soit en silence (pas glop), soit en se regroupant et en agissant plus ou moins violemment ; parfois ils récupèrent a minima ce qui leur fût enlevé, parfois ils glanent davantage... puis, lorsqu'ils s'endorment sur leur Histoire, les représentants de l'autorité sociale tentent plus ou moins sournoisement de nouvelles restrictions...
C'est cet échange permanent entre privation et récupération qui fondent la dynamique des civilisations : la récupération se symbolisera notamment dans l'art et/ou la foi tandis que la privation aura pour cadre l'école ou la religion.

Voir sous cet angle les agitations actuelles d'une société française exclusivement tournée vers la privation permet d'imaginer qu'un retour aux recherches de liberté ne se fera pas sans recourir à des solutions lourdes de conséquences et potentiellement contre-productives...
Certes, il ne sera pas déplaisant de voir quelques banquiers suspendus aux meilleures branches de chênes centenaires pendant que des meutes guillerettes de chiens errants se disputeront les restes odorants de l'organigramme UMP...
Certes.

Néanmoins, les contraintes d'aujourd'hui sont toutes d'ordre international : il n'est plus possible pour un État seul de décider du bon ou du mauvais y compris dans le strict sein de ses frontières. C'est à la fois l'intérêt de la globalisation (la conscience d'être tous dans le même bateau) et le danger d'icelle (n'avoir qu'un capitaine).
Je me pose d'ailleurs la question (non résolue) de la nécessité (ou non) d'une république universelle et j'y reviendrais dans un prochain billet...

En ce qui concerne directement l'acquisition ou la privation du sentiment de liberté, il me paraît clair que plus l'autorité sociale est puissante, plus l'individu est affaibli. Les exemples récents de la Russie sous Staline et de la Chine sous Mao sont éloquents.
À imaginer (en frissonnant...) ce que ça aurait pu donner à l'échelle de la planète...
C'est pourtant bien ce qui est en train de se passer ! À cette différence près, énorme et essentielle, que nous construisons volontairement les barreaux dont nous nous entourons. Malgré les apparences, aucun État, aucune politique autoritariste, ne nous oblige à posséder un téléviseur, à acheter un journal, à confier aveuglément notre vie à un ordinateur dont nous ignorons le moindre principe de fonctionnement, à ne pas tendre la main à notre voisin (ou à notre voisine :-D ), à jeter, à brûler, à polluer...
Les entreprises multinationales n'existent que parce que nous cédons de plein gré (et parfois avec hystérie pendant les soldes...) à leurs propositions. Leur principale force est de savoir interpréter nos recherches de liberté puis de les fondre dans des pulsions d'achats aussi inutiles dans l'instant que pesantes pour l'avenir.
Nous pensons être libre (avoir le choix) de regarder tel programme télévisé en fonction de nos goûts et de nos attentes alors que nous ne faisons que participer à l'extension du domaine publicitaire en achetant un poste, en le branchant et en nous endormant devant... Idem en allant au cinéma (qui ne vit plus que de l'argent des chaînes de télévision) ou en parcourant un magazine...
Tout support duquel nous n'avons pas la possibilité de zapper la publicité est un piège. Et ce piège fonctionne parfaitement !
Une offre n'est jamais neutre en terme de liberté. Qu'elle soit commerciale ou sexuelle, son acceptation entraîne de facto une privation (volontaire) de liberté au moins pendant la consommation effective de cette offre (ce qui peut être très long pour les offres commerciales...).

J'en entends un, là-bas dans le fond :
« Ouah, l'autre hé ! Et ton ordinateur branché sur Internet, c'est pas un méga-piège à publicités ? »
« Ça apourrait êtrele cas mais j'utilise un système GNU/Linux et je me sers d'AdBlockPlus... donc je limite les dégâts sans toutefois les annihiler totalement. »

L'exemple de l'ordinateur et d'Internet (merci de m'y avoir fait penser, là-bas dans le fond) est symptomatique de l'état de déshérence politique de notre société en fin de vie : alors que nous possédons (enfin !) l'outil de communication inter-culturel le plus abouti de l'histoire des techniques (ce qui devrait faciliter notre recherche de liberté...) la seule utilisation de masse que nous lui avons trouvé est une incitation quasi-quotidienne à « élargir nos pénis » !!
La première fois que j'ai eu cette annonce dans ma boîte à spams, j'ai aussitôt pensé : « Just a little bit ! »  :)

Enseigner, réfléchir, transmettre, partager, évaluer, évoluer étaient pourtant à portée d'écrans... Dommage !

(Oups... j'ai l'impression que j'ai un peu dérivé par rapport au sujet initial... les aléas du direct ! on va tenter un atterrissage en douceur... attachez vos ceintures !)

Dans son billet, emilpoe a une phrase-clé :

« En fait la liberté c'est un peu comme le bonheur, c'est de temps en temps. »

La différence d'appréciation dans les recherches de liberté tient toute entière dans ce « de temps en temps », réducteur mais évocateur : certains trouvent parfois, alors que d'autres chercheront toujours...


edit du 31/01/09 : la discussion se poursuit sur le blog d'agemen.  :)


12 commentaires

  1. #1

    Par le à

    Salut,

    J'aime bien quand tu "dérives" comme ça ;)
    La véritable question ne serait-elle pas : Somme nous près à être libre ?..

  2. #2

    Par le à

    Joli texte, que je découvre en arrivant de chez emilpoe. Un vrai plaisir et un beau talent.
    La vraie liberté est difficile à vivre, voire dangereuse par manque d'accoutumance.
    En haut de la page je lis "Le Loup & Le Chien", un beau texte d'Esope sur le prix de la liberté. Preuve que le monde se pose toujours les mêmes éternelles questions.
    Pas de réponses depuis ?
    Si mais beaucoup trop.

  3. #3

    Par le à

    Bienvenue à toi, phreg et merci pour ton appréciation.

    Oui le titre de ce blog me plait bien aussi... je crois que je vais le garder ! :)

  4. #4

    Par le à

    Chose promise, chose due. Suite à mes aventures auprès d'un cortège de quelques millier de personnes, j'ai cherché à m'appuyer sur ce que vous (nous?) avons pu écrire ici ou là... ça donne ça : http://alxg2.blogspot.com/2009/01/liberte-bis-un-exemple-pratique.html

  5. #5

    Par le à

    agemen, t'aurais pu en profiter pour leur demander à chacun leur définition (et leur refiler des Live-CD GNU/Linux) ! :)

    J'ai rajouté ton lien en cliquable à la fin de l'article...

    Ce qui me fait penser qu'il faudrait que je fasse en sorte que certaines balises html ou bbcode soient possibles dans les commentaires...

  6. #6

    Par le à

    deux remarques : je me suis retrouvé là par hasard :p et j'ai effectivement choisi d'observer... en fait je me suis demandé comment je serais perçu au milieu de ces gens, à poser des questions.... la prochaine fois. Car il y'en aura d'autres.
    Ensuite, quand on ouvre un lien en partnat de ton blog, l'adresse de ton blog persiste, mais ce sont bel et bien les pages du blog qu'on ouvre qui apparaissent. Bug? ;)

  7. #7

    Par le à

    euh... j'ai pas bien saisi ta dernière remarque... o_O' (il est tard !)

    T'as un exemple ?

  8. #8

    Par le à

    Bon. J'arrive sur ton magnifique blog. Ni nouveau post, ni nouveau commentaire. Je suis malheureux, mais tant pis. Je vais voir le blog du savoyard du coin. Donc je clique sur le lien "Emilpoe" dans le "Rolleur". J'arrive chez emilpoe. je regarde dans ma barre d'adresse. Je vois marqué http://leloupetlechien.fr

  9. #9

    Par le à

    Ok, j'ai capté : l'adresse http://leloupetlechien.fr est une redirection (mais bon, ça devrait quand même pas faire ça à la base...).
    Pour revenir à un comportement normal, il te faut l'adresse réelle du blog qui est :
    http://ericj.nuxit.net/leloupetlechien/index.php

    Désolé de ce désagrément qui dépasse mes compétences (mais je vais essayer de me renseigner...). :)

  10. #10

    Tu confonds totalement "liberté" et "bonheur"...

    Et tu as totalement raison !

    Merci pour ce texte, ce blog, et l'impression subséquente d'être un peu moins con, premier pas vers les deux..!

  11. #11

    Par le à

    Oui, je les confonds volontairement car dans mon esprit ils se confondent naturellement...

    Pour l'aspect purement juridique de cette question tu es bien plus apte que moi. :)

    Merci d'être passé ici ! ;)

  12. #12

    Par le à

    Rien à rajouter...

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