Peinture murale de Dominique Larrivaz représentant un chien allongé et souriant, visible rue des Frigos, à Paris 13
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Good bye 2000 blues, hello 2000 fraises !

Comme toutes les fins de cycles, les fins d'années se prêtent aux rétrospectives.
Cette année, le temps de la rétrospective est aussi, pour moi, celui du manque de perspective.
Et de constater que de routes en déroutes, mon bilan ressemble à Beyrouth.

Ce qui n'est pas encore tombé est en train de flancher.
Ce qui ne flanche pas n'est déjà plus qu'une ombre qui lentement se fâne
au-dessus des décombres de ce qui fût jadis un homme.

Bref, comme tu t'en doutes, l'année n'a pas été très bonne.


Certes, j'ai fait de la route.
De la route pour tenter d'estomper les déroutes.
Déroutes professionnelles et déroutes personnelles.
Les déroutes m'ont défait.

En ne retrouvant pas d'emploi, je n'ai pas seulement perdu quelques biens matériels (maison, voiture, meubles, CDs, guitares, un tournevis cruciforme jaune).
J'ai perdu l'envie.

J'ai perdu de vue des gens que j'apprécie.
J'ai perdu le peu de compétences que j'avais, en ne les exerçant plus.
J'ai perdu la possibilité de rester accessible pour qui en avait besoin.
J'ai perdu mon vieux blog et les trois autres sites qui y étaient raccordés.

J'ai perdu ce pourquoi je me levais le matin.

J'ai perdu.

Pour ma dernière nuit abritée, je suis face au miroir mais je baisse les yeux.
C'est laid un loser.


Depuis dix mois que je suis sans domicile, j'ai (sauf oubli) changé trente fois de lieu d'hébergement, entre l'hospitalité bienveillante des ami(e)s et la tournée des hôtels, à Paris, Liège ou Prague, en Bretagne, en Auvergne, en Roussillon.
Pour des durées diverses (de un jour à un mois), pour des prix variables (de exonéré à exorbitant) et sur des distances plus ou mois longues (de 20 mètres à 1030 kilomètres).

Un itinéraire sans autre logique que de profiter de tarifs promotionnels, autant pour les hôtels que pour les trains. Et en bénéficiant également — mais ce n'était pas calculé — d'un gain météorologique notable : de la pluie bretonne, à la neige auvergnate, jusqu'au redoutable soleil languedocien !

Et puisqu'il me reste un appareil photo, je te propose un petit jeu : sauras-tu mettre un nom sur les photos qui suivent, sachant que chacune provient d'une ville différente ?



Je commence aujourd'hui ma nouvelle vie de sans-abri puisque je suis arrivé au bout de mes ressources financières (je garde juste un peu de monnaie pour la route). Mais il va quand même falloir trouver quelque chose à faire, au moins pour m'occuper l'esprit.

Puisque j'aime me promener au bord de l'eau (cf cet article), j'envisage de remonter le Canal du Midi, depuis Carcassonne (où je suis actuellement) jusqu'à Toulouse.
Remontée qui se fera à pied le long des chemins de halage bordés de platanes et que j'espère empruntables d'un bout à l'autre.
L'avantage de longer un canal, c'est de traverser un paysage relativement plat et peu encombré de voitures. Autre avantage, cette fois dû à l'hiver, les berges ne devraient pas déborder de touristes !

Je ne sais pas trop ce que j'espère le plus retrouver en route, de mon inspiration (mes textes stagnent) ou de ma confiance (mes textes sont nuls)...
Ni si je trouverais de quoi alimenter les batteries de l'ordinateur et de l'appareil photo mais où serait "l'aventure" si tout était planifié ?

Et donc — sans parler des autres contraintes : manger, dormir, etc... — si tout se passe bien sur le plan énergétique et à condition de pouvoir me connecter quelque part, le prochain article devrait relater ce voyage d'à peu près 100 kilomètres qui devrait me prendre cinq ou six jours selon les conditions météorologiques.
(100 kilomètres à pied, ça use, ça use...  )


Je ne suis pas repassé par Paris depuis plus de trois mois, et si j'excepte (mais n'oublie pas !) l'après-midi passée avec Aurélie ici-même la semaine dernière, je n'ai adressé la parole à personne depuis tout ce temps (en dehors d'un conventionnel bonjour-merci-au-revoir aux éventuels commerçants).
C'est aussi de ma faute : si j'avais autre chose qu'un caractère de merde en guise de sourire, peut-être que je parlerais aux gens au lieu de changer de trottoir quand j'en aperçois dans le lointain ?

Ce qui va beaucoup me manquer durant ce périple (d'autant plus je m'en suis toujours abreuvé), c'est de pouvoir écouter de la musique. Les oiseaux, c'est vite fatigant... d'autant qu'à cette époque de l'année, la faune volatile doit être assez réduite : corneilles, moineaux, étourneaux... peut-être quelques poulets ?

 

En espérant que le réchauffement climatique ne soit pas une vaste blague (j'ai aussi perdu mon écharpe), je te présente, à toi et à tous ceux que tu aimes, tous mes vœux de grand bonheur !

Et garde le sourire : c'est le seul vrai cadeau qui ne s'use pas !  :)


7 commentaires

  1. #1

    Par le à

    Magnifique texte. Merci je suis touchée.

  2. #2

    Par le à

    Merde…. !

    Tes textes ne sont pas nuls… en tout cas pas ceux que tu as présenté sur ton blog. Ils m’ont toujours emplie d’émotion, toutes sortes d’émotions… rire, joie, agacement, tristesse… et là je suis en train de chialer… c’est emmerdant… si quelqu’un rentre dans le bureau j’aurai l’air de quoi ?!!!

    Ben voilà, j’ai à peine tapé le denier point d’exclamation que qu’un est rentré ; il a fallu que je lui raconte des carabistouilles -que j’ai une crise d’allergie !- pfffff… Je ne sais pas ce que j’ai, je suis hyper sensible en ce moment… d’où ça peut venir ???? Je n’ai rien perdu… tout est encore là… la maison, les enfants, le mari, le chien… le boulot -pour combien de temps ?-… L’envie ? ça c’est un truc très facile à perdre… alors qu’on n’a pas forcément perdu tout le reste. Oui, c’est très, très facile ! Pourtant c’est essentiel…

    Personnellement, je ne saurais dire où tu as pris toutes ces photos… je ne voyage pas assez. Pas assez à mon goût. Toutes ces « choses » que nous possédons faut les entretenir, ça prend du temps… Bientôt nous aurons des oiseaux. Ma fille en réclame depuis si longtemps, nous avons craqué. Elle veut les nourrir, les cajoler, les regarder de près, les écouter… j’espère qu’ils ne sont pas trop bruyants ^_^

    J’espère que tu trouveras toujours où recharger les batteries, qu’on puisse te lire… 100 kilomètres par-ci, 100 kilomètres par-là… il y aura de quoi faire un recueil… et qui sait, peut-être un roman. Ca donne envie, non ?

    Je te présente mes meilleurs voeux, tous ceux dont tu rêves… et je t’envoie un sourire.
    Véro

  3. #3

    Par le à

    Sincèrement, vous avez un talent fou !!! Je vous souhaite de belles rencontres en 2013.

  4. #4

    Par le à

    Véro a raison: tes écrits n’ont jamais été nuls! Mais c’est vrai que tu as un caractère de cochon…Quant aux photos, elles sont très belles, tu as un vrai regard.
    J’attends ton prochain post avec impatience.
    Gigi, avec le sourire.

  5. #5

    Par le à

    Merci de vos commentaires et de vos mails souriants ! :)

    @carine : espérons que les prochains textes te gardent ici !

    @Véro : comme tu le sous-entends, je parle des textes non (encore) publiés : engoncés dans leur plan de base, à peine vêtus de quelques idées éparses, j’ai du mal (pour le moment) à les développer comme je le voudrais… et courage pour ta volière : bruit, entretien, évasions… ;)

    @Plein sud ! je vous en souhaite autant à tous. Quoi d’autre que de belles rencontres pour ne pas perdre le nord ? :)

    @Gigi : ça réchauffe de te voir ici ! prochain post d’ici peu, j’espère…

    Sinon, voyage avorté, je suis actuellement à Paris… je vous raconterai !

  6. #6

    Je comprends ton absence d’envie et peux t’assurer qu’elle est une fameuse salope !
    Ta sélection de photos est d’ailleurs étrangement symbolique de ta situation: des routes, des rails, des immeubles à l’abandon… Le tout en noir et blanc. Si tel est ton état d’esprit, je te souhaite de remonter très vite la pente en remontant la route de Carcassonne, de te nourrir de ces expériences et de les écrire, comme tu le fais si bien.

    Garde bien à l’esprit que « No one can make you feel inferior without your consent » (Eleanor Roosevelt), et je me joins aux autres pour te soutenir du fond du coeur et t’offrir gîte et couvert si jamais tu devais remonter quelques 900 kilomètres supplémentaires :)
    (et ce ne sont pas des paroles en l’air !)

  7. #7

    Par le à

    @Melle Catherine : merci pour la proposition. :)
    Pour les photos, la symbolique, bien sûr, est travaillée mais pas l’ordre (sauf la dernière !).
    Ce qu’elles disent est, pour l’article, plus important que le lieu (volontairement inidentifiable) de la prise de vue.
    Les idées noires n’ont qu’un temps… ;)

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