Peinture murale de Dominique Larrivaz représentant un chien allongé et souriant, visible rue des Frigos, à Paris 13
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Bilan 2009

C'est la première fois en 50 ans que je me livre à cet exercice (et je viens d'en fêter 49).

Vous trouverez bien par vous-mêmes les raisons qui pourraient m'avoir incité à le faire... les miennes ne vous satisferaient pas !

En même temps, je ne vais pas me livrer à une introspection complète et documentée avec graphes et schémas en 3D. Si vous me connaissez, vous n'apprendrez pas grand' chose. Si vous ne me connaissez pas, rien ne vous en donnera l'envie.

C'est bon, les lecteurs sont partis ? ;)
On y va !


Cette année 2009 aura été pour moi une année chaotique mais aussi l'année du retour à une certaine "normalité" (ce mot, dans mon cas, ne signifiant rien d'autre qu'un provisoire repos psychologique...).

Premier fait marquant : retour à la vie active après deux ans sans emploi.

Rien de tel pour se rendre réellement compte que le travail tel qu'il est désormais codifié est une aberration tant libérale que sociale.
La plupart des emplois aujourd'hui ne correspondent à rien d'autre qu'à de l'entropie consumériste. Le travail (quelque soit son appellation par ailleurs) n'est plus ni un but ni un moyen.
C'est devenu un prétexte, un alibi.
Et le travailleur-consommateur se retrouve « à l'insu de son plein gré » au centre d'un système qui ressemble de plus en plus névrotiquement à ces fameuses compositions de Escher...
Le boulot que j'ai trouvé n'est pas si mal : je passe mes journées sur Internet à tenter de (dé)coder du PHP. Hormis le mal de crâne que j'obtiens à chaque fois que je tente de décrypter les arcanes de la programmation (donc tous les jours !), c'est un poste plutôt cool... mal payé mais cool.
Je suis aussi censé maintenir en état de fonctionnement optimal une armée de PC sous Windows®... mais à l'impossible, nul n'est tenu !


Côté associatif, bilan mitigé et un brin schizophrène.

L'équipe que j'anime a rarement été aussi performante. Malheureusement l'objet de cette "performance" se déroulant dans un cadre humanitaire, cela suppose l'existence d'un besoin humanitaire, ce qui n'est jamais en soi, une bonne nouvelle.
D'autant que nous somme gouvernés avec tellement d'intelligence et de compétences que ce besoin ne cesse de croître et de croître encore...
Nous nous retrouvons écartelés entre deux concepts antagonistes, un pied coincé dans la spirale ascendante de l'amélioration des conditions d'accueil et d'écoute que nécessite l'accroissement des populations en détresse sociale, l'autre pied prisonnier de la boue gluante du découragement face à la relative inutilité globale de nos efforts.
Reste la satisfaction (bien réelle) des (trop rares) solutions individuelles.
De quoi illustrer ce joli ver d'Aragon superbement chanté par Brassens :

« Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare »

Sur le plan personnel, ben justement, c'est personnel...  :)


Je dirais bien deux ou trois mots sur l'état de la planète mais je crains de soudainement manquer d'humour.

Je ne suis pourtant pas écologiste, l'écologie étant pour moi incompatible avec toute présence humaine. Au mieux, les écologistes ne sont que des environnementalistes. En période d'élections ils ne sont même souvent que des "paysagistes"...
Mais j'ai une faiblesse pour les grands arbres (il me semble en avoir déjà vaguement causé, ici ou ailleurs...).
Je crois que c'est ce que j'aurais aimé être (ou aimé hêtre...) si j'avais eu le choix.

J'aurais grandi doucement près d'un étang calme parmi mes congénères feuillus, touffus et épineux.
Nous aurions abrité des myriades d'oiseaux, d'écureuils et de chats sauvages. Nous aurions fait chanter les forêts aux bruissements de nos ramures. Nous n'aurions jamais envisagé le ciel comme un défi.
Nous serions morts debouts.

Tous ces malentendus pour juste un peu de « h »...


Ce soir et cette nuit je serais dehors. En compagnie de trois autres bénévoles, nous parcourrons la Capitale pour tenter d'apporter un peu d'humanité à ceux qui dorment dehors.
Rien à voir évidemment avec cette saloperie de fête commerciale du 24 décembre puisque l'on fait ça toute l'année.
Mais dans l'esprit des gens que l'on va croiser (SDFs ou fêtards), cette évidence ne sautera pas aux yeux, bien au contraire... Ça nous donnera encore l'occasion de vivre des scènes hallucinantes de bêtise ou de poésie, selon les cas...
Et non, je n'en raconterais aucune... z'avez qu'à venir !

Passez quand même de bonne fêtest !


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