Le retour du monarque

(3 mn de lecture)

Sous couvert de sécurité intérieure, les lois de plus en plus liberticides prises par ce gouvernement de ministres de paille n'ont finalement qu'un but : dégoûter suffisamment les français de leur système législatif pour les amener à se jeter « naturellement » dans les bras du premier sauveur venu ! Même si les bras en question n'ont qu'un mètre vingt d'envergure…

À la suite d'un article sur Rue89 (article introuvable pour cause de changement d'adresse suite au rachat de Rue89 par L'Obs), j'ai laissé le commentaire suivant :

« Plus rien ne m'étonne. En France, il est impossible d'installer un état autoritaire et dynastique par la force. En sapant sciemment, loi après loi, la confiance que le peuple devrait avoir en ses élus, on amène une grande partie de ses mêmes français à opter prochainement pour l'officialisation de la dérive monarchique permise par la Constitution de la 5ème République (qui a pourtant de bons côtés)…. Si les mots "anti-parlementariste" et "poujadiste" étaient autrefois des insultes, ils sont en passe de devenir des professions de foi. Il me semble que les élus honnêtes (il doit bien y en avoir encore ?), quelque soit leur parti, devraient très rapidement se préoccuper de cela. D'une, ça permettrait de les compter… De deux, ça retardera de quelques années ce qui semble aujourd'hui inéluctable : la France aux mains d'une dynastie fasciste et financière issue de la peu populaire caste des avocats d'affaire. »

De Gaulle, Giscard, Mitterand et Chirac (Pompidou n'a pas vraiment eu le temps) ont tous su à leur manière, profiter de leur place de Président de la République pour se comporter, non pas en citoyen ordinaire mais en monarque tout-puissant et au-dessus des lois. Mais aucun d'entre eux n'a tenté de s'imposer au-delà de sa propre personne même si certaines limites ont souvent été franchies (le SAC, les plombiers du Canard, les diamants de Bokassa, les écoutes illégales et les Irlandais de Vincennes, les emplois fictifs, Ouvéa, « le bruit et l'odeur », etc…).

Depuis que Sarkozy a été élu, la monarchisation du pouvoir qui n'était jusque-là qu'un impondérable de la Constitution, est devenue un enjeu, un but, une mission.

On se souvient de l'affaire du fils Sarkozy qui m'avait bien fait marrer et qui n'était que la dernière en date des longues entorses faites par Sarkozy père à la logique républicaine et à l'exemplarité que requiert sa fonction : auto-augmentation de salaire sous un prétexte débile (une soi-disant égalité de traitement avec… l'Allemagne, vexé sans doute qu'une femme puisse gagner plus que lui), projet d'attribuer à son ex-épouse une carte de crédit à discrétion sur le compte de l'Élysée (donc du Trésor Public), intrigues pour faire nommer son frère Guillaume à la tête du syndicat des patrons (le dit frère est maintenant recasé à la tête d'un fonds de pension qui se délecte des futures lois qui permettront de privatiser l'assurance maladie…), etc…

Tout cela était prévisible : le personnage était connu, ses travers et ses obsessions également. On peut donc s'interroger (autrement qu'en considérant comme De Gaulle que Les français sont des veaux) sur ce qui motive une nation à s'embarrasser volontairement d'un tel personnage. Mon avis est qu'il y a une forme d'atavisme collectif qui pousse le peuple français à se construire par cycles plus ou moins brefs de violence récurrente… soit pour exorciser ses lâchetés, soit simplement par jeu… Il y a évidemment quelques exceptions mais l'Histoire de France n'est qu'une longue litanies de révoltes, de jacqueries, de révolutions, de protestations, de râleries, de guerres civiles parfois…

Il me semble donc qu'encombrer la tête de l'État du personnage le plus détestable qui soit est une manière subliminale de préparer la prochaine flambée… D'autant que les conditions économiques et sociales s'y prêtent on ne peut mieux ! Plus qu'à ressortir les piques, à aiguiser les fourches, à apprendre à cuisiner le rat et le pigeon des villes et on sera fin prêt pour se foutre sur la gueule !

« Ah ! ça ira, ça ira, ça ira,
« Les aristocrates à la lanterne ;
« Ah ! ça ira, ça ira, ça ira,
« Les aristocrates on les pendra ! »


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