Peinture murale de Dominique Larrivaz représentant un chien allongé et souriant, visible rue des Frigos, à Paris 13
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Aux frites, citoyens !

C'est le monde à l'envers !
Au moins, l'Europe !
En tout cas sa partie presque nord, près du Nord.

Voilà que la Belgique se fout ouvertement de notre gueule de franchouillard arrogant et jamais content.
Certes par l'entremise délicieuse de Melle Catherine mais quand même...


A-t-elle vraiment tort ?
Qu'est-ce que c'est que cette France qui se plaint tout le temps, de tout et de son contraire ?
Pourquoi notre fière devise "Liberté Égalité Fraternité" est-elle devenue "Moi, Moi, Moi" ?
Comment peut-on à la fois virer Sarkozy et acclamer Valls ?
Comment peut-on d'une main exiger le retour des fraudeurs fiscaux et de l'autre s'opposer à la séparation au sein des banques des activités de dépôts et des activités de spéculation (Moscovici dans ses basses œuvres) ?
Comment peut-on se dire socialiste et retourner se coucher quand trois fascistes aboient dans la rue ?
Comment peut-on encore avoir Ayrault (l'anti-héros parfait) comme premier ministre quand il n'est même pas capable de prendre une décision cohérente et concertée et qu'il fait passer pour des cons ses propres potes qui disaient encore l'inverse une heure avant à la télé ?
Comment n'a-t-on pas encore remplacé Marianne par un scooter puisque l'audimat est en faveur du second ?
Comment peut-on laisser un pays, qui n'a pourtant rien d'une nation sinistrée, s'enfoncer dans la rancœur et la haine de soi au point de ne plus penser qu'à aiguiser les battes de base-ball et les taser ?
Comment peut-on dénigrer à ce point les êtres humains qui nous entourent en les (dé)classant par catégories où l'infâmant le dispute au méprisant : immigré, chômeur, assisté, femme, syndicaliste, patron, journaliste, footballeur, racaille, nanti, fonctionnaire, ministre, musulman, juif, catho, prostituée, anarchiste, jeune, intermittent, homo, vieux, paysan, étudiant, chasseur, professeur, noceur, bijoutier, routier, rentier, Maire de Poitiers, père à moitié, pêcheur au large, prêcheur sans fond, pas vraiment français, pas assez français, pas du tout français, trop français !
Pour un peu on ne s'entendrait plus râler dans tout cette cacophonie...  :)

Nos voisins belges nous démontrent pourtant depuis quelques années qu'on peut tout à fait s'engueuler en flamand pendant les élections (et surtout devant les caméras) tout en faisant avancer le pays d'un pas tranquille et assuré sur le chemin de la justice sociale.
Tout en continuant de brasser les meilleures bières du monde.
Et tout en ne sachant pas vraiment à quoi sert un escalier...  ;)


Sans commentaires...  :)
(photo de l'auteur - Liège, 12 juin 2012)

7 commentaires

  1. #1

    Enfin... "avancer", faut le dire vite : nous avons notre lot de saloperies ambulantes, comme notre Secrétaire d'État à l'Asile, à l'Immigration et à l'Intégration sociale ou notre Sinistre de l'emploi. Cependant, nous avons la décence de ne pas emmerder nos voisins avec nos petits problèmes d'enfant gâté.

    Merci, en tous cas, pour ce texte : un régal au petit déj' !

    (et je précise que je ne suis pas la première à m'offusquer ouvertement :
    http://www.dailymotion.com/video/x1b61et_le-coup-de-gueule-de-benoit-poelvoorde-contre-la-manif-pour-tous_news
    loin s'en faut :
    http://rue89.nouvelobs.com/2014/01/05/vie-belge-pays-grognon-france-248774 ;)
    (ce dernier s'est d'ailleurs pris un nombre incalculable de commentaires franchauvins au lance-flamme... Oh the irony!)

  2. #2

    Par le à

    J'ai lu aussi l'article Rue89. Un commentaire m'a beaucoup fait rire : "On est un pays où la corporation des moines copistes râleraient sur la concurrence déloyale de l’imprimerie de Gutenberg." Ha ha ha… la technophobe que je suis se reconnaît… ;)

    Bon… je ne suis pas contre l’évolution des technologies –même si cela peut susciter quelques inquiétudes- c’est juste pas mon truc. La société, dans son évolution, n’oblige encore pas les gens à courir 10 kms tous les matins ou à se coller toutes les œuvres de Dostoïevski… (Bonjour les comparaisons pourries !!! ;)

    A propos de la manif pour tous… J’emmenais ma fille à l’école tout en écoutant Bourdin à la radio qui en parlait. Là-dessus ma fille me dit : Moi je suis contre les familles avec deux papas ou deux mamans… Gloups ! Je lui dis : « Ma petite chérie, mais qui es-tu pour ne pas être d’accord que des gens vivent comme ils le désirent, comme ils en ont besoin… ? Tu as une mère et un père, tu n’es pas concernée, où est le problème ? » A sa tête je vois bien qu’elle pense « j’ai dit une bêtise » Elle reprend : « Oui, bien sûr, mais après on se moque de toi, d’eux… » Je lui réponds : « Malheureusement ça arrive... et si ce n’est pas par pour cette raison, c’est pour autre chose (soit dit en passant un gamin s’est suicidé récemment parce qu’il était roux !!!)… et c’est à toi –à tout le monde- de faire preuve de tolérance, de ne pas juger sur la différence… » J’ai rajouté -moi qui suis très famille, n’est-ce pas ;-) : « Ecoute, une famille c’est une famille, peu importe qui la compose, du moment qu’il y a de l’amour… » Entre nous, je vois tellement de femmes qui multiplient les aventures avec des gamins dans les bras –la liberté sexuelle n’empêche pas qu’on continue à les fabriquer, pour de bonnes ou de mauvaises raisons- et qui ont du mal à s’en sortir…

    Bref, pas étonnant qu’on se conforme à des normes si rapidement… La jungle, elle commence à l’école !

  3. #3

    Par le à

    Tout le monde s'en prend à cette pauvre école alors qu'elle est la première victime (en tant qu'institution) de tout ce bordel : discrédit, méfiance, archaïsme, incompétence, elle va être le bouc émissaire des prochains combats alors qu'elle aurait pu en être le juge de paix.

    Je l'ai dit ailleurs je le répète ici : l'école (celle de la république, évidemment) est le seul creuset de sociabilisation en milieu hétérogène pour les enfants de tous horizons.

    L'école n'est pas le problème mais la solution (même si bien sûr elle est loin d'être parfaite).

    Sinon, courir avec l'intégrale de Dostoïevski dans les poches, ça peut devenir un régime miracle. :)

  4. #4

    La jungle, elle commence dans sa propre famille les enfants imitent ce qu'ils voient, et s'ils sont sujets de moqueries à l'école, c'est qu'ils ont vu leurs parents (ou autre adulte référent) se moquer sans scrupule.

    Comme éric, je pense sincèrement que l'éducation est à la base de tout.

  5. #5

    Par le à

    La jungle commence dans sa propre famille... Complètement d’accord, logique, bien sûr… Malheureusement je connais des cas où les enfants dérapent à l'école, dans un environnement extérieur à la famille. Ma sœur qui vit à Bruxelles par exemple, c'est quelqu'un de tolérant, de généreux, d'ouvert, etc... son mari est une bonne pâte, pourtant leur fils est en train de virer au skin head (il se rase le crâne et elle lui a vu un tatouage assez significatif), il affiche clairement son racisme et ses parents n’ont plus aucune prise, aucune influence sur lui. Ma sœur est très malheureuse avec cette histoire…

    On peut donner aux enfants une « bonne » éducation à la maison –je trouve aussi que c’est essentiel- leur apprendre le respect des autres… et puis tu les lâches à l’école - le seul creuset de sociabilisation en milieu hétérogène pour les enfants de tous horizons... - et c’est la jungle quand même ! Mon garçon à qui j’apprends toutes ces bonnes choses comme le respect et la tolérance a subit la méchanceté et même la violence d’autres gamins. Pendant tout un temps il était devenu très taciturne. Ils sont très durs entre eux… Mais bon, c’est toute la société qui est une jungle, autant qu’ils apprennent tout de suite à s’y mouvoir !!! Non… ?

    Le moins qu’on puisse dire c’est que l’école se retrouve de plus en plus avec des « missions » d’éducation, et à ce rythme là ils ne vont pas tarder à se substituer aux parents !!! Perso, je le trouve pas mal du tout le dispositif ABCD de l'égalité lancé par l’éducation nationale. Les stéréotypes au piquet !!! ;)

    @éric. Je suis allée à l’école en Espagne et en Belgique et je dois dire que j’ai beaucoup de mal à me faire au mode de fonctionnement et aux méthodes d’enseignement français, indépendamment du rôle de juge de paix qu’il pourrait avoir !

    PS : J’ai un oncle et un neveu particulièrement racistes, autrement ma famille est fort sympathique ;-)

  6. #6

    Par le à

    Au cas où quelqu'un se demanderait qu'est-ce que ma sœur et mon beau-frère ont fait pendant qu'il tournait mal... Je ne sais trop quoi dire. On habite loin l'une de l'autre et le "processus" m'a échappé. Je peux seulement dire qu'à une époque, lorsqu'il était gosse (maintenant il a 20 ans) ils étaient très accaparés par leur travail, ils avaient beaucoup de problèmes d'ordre professionnel et je crains qu'ils aient été dépassés. Leur fille va très bien (elle est très équilibrée) mais leur fils... il est négatif, révolté, parfois violent, intolérant, irrespectueux et irresponsable, sexiste et raciste... Je ne comprends vraiment pas comment il en est arrivé là. Son père est un peu benêt et ne possède aucune forme d'autorité (son fils éprouve très peu de respect pour lui) mais à part ça... il y avait quand même un cadre, une éducation (ou tentative d'éducation), des valeurs...

    Enfin voilà... c'est dur, dur... :(

  7. #7

    Par le à

    @ V :

    1. je préfère Véro. V ça me rappelle la série télé sur les lézards de l'espace ! :D

    2. difficile de l'extérieur d'émettre un quelconque avis ou, pire, une recommandation mais dans ce que tu en dis il y a les apparences de l'autorité sans la légitimité de cette autorité. "Fais-ci, fais-ça, c'est comme ça, tu comprendras plus tard, etc..."
    Défaut de communication qu'on ne peut reprocher à personne : les parents croient "bien faire" en passant leur temps au boulot, les mômes qui s'interrogent et qui n'obtiennent ni réponse ni temps accordé sur leur question n'ont que deux outils à leur disposition pour se faire remarquer : la rebellion ou l'introversion.
    Culturellement, surtout à ces âges, la rebellion (toujours calquée sur un modèle, copain, caïd du coin, rebelle de papier ou de cinéma, ...) touche plus les garçons que les filles (mais c'est en train de s'équilibrer doucement).

    Je ne crois pas qu'il y ait de solution miracle. On peut juste se dire qu'être con et violent à 20 ans ce n'est pas complètement rédhibitoire : une rencontre (féminine, sociale, professionnelle) peut rapidement changer la donne.

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