Peinture murale de Dominique Larrivaz représentant un chien allongé et souriant, visible rue des Frigos, à Paris 13
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L'arrêt public de la raie publique de la république

On peut toujours essayer de se convaincre que les politiciens ne sont pas « tous pourris ».

Malheureusement, ceux qui le sont le sont si profondément qu'ils te pourrissent la vie bien au-delà de ce que ceux qui ne le sont pas (ou ne le seraient pas) ne peuvent (ou ne veulent) te l'améliorer. De ce fait, il devient urgent et nécessaire de repenser aussi bien le rôle des élus que celui des citoyens. Car nous n'avons bien que les politiciens que nous méritons.


La cinquième république est agonisante et la sixième ne sera que la démonstration que les politiciens actuels (de l'extrêmiasme-de-droite à la gauche-extrêmuette) ne sont pas seulement égoïstes et incompétents mais tout simplement inaptes à respecter des valeurs aussi essentielles (pour le lien social) que la probité, l'honnêteté, l'empathie et la remise en question.

Le fait que je m'en vais te proposer quelques pistes pour l'établissement d'une septième république durable et sympathique ne signifie en aucun cas que je suis moi-même probe, honnête, bourré d'empathie et me remettant en cause tous les matins…
Mais je ne suis pas politicien et quelque part, c'est déjà une grande qualité !  :)

Les pistes que je vais t'exposer sont des axes de réflexion.
Il faut les lire littéralement, les comparer au contexte actuel et en redéfinir aussi bien les contours que le cœur. C'est la somme convergente des cœurs et des contours qui aura finalement le dernier mot pour peu que le système électoral change du tout au tout et que l'électrice que tu seras (d'ici-là, je t'observerai probablement du fond de ma fosse, sceptique quant aux résultats) retienne et défende ces petites choses irremplaçables :

  1. la "liberté individuelle" n'existe pas ;
  2. le groupe est seul garant de l'épanouissement individuel ;
  3. l'individu est le ciment du groupe ;
  4. un "élu" n'est qu'un représentant, pas un décideur ;
  5. la république est un acte civique, pas une rente.

Bien sûr, si tu préfères ne pas vivre ensemble et te conformer aux lois circonstancielles et arbitraires du plus fort (qui sera, selon les cas, le plus riche, le plus malin, le plus "grande gueule", le plus imposant, mais qui ne sera jamais toi), ce qui suit n'a aucun intérêt et tu peux t'en retourner exploiter, escroquer, avilir et massacrer les gens qui t'empêchent de capter la saison 3 de ta série préférée sur ton joli smartphone nécessitant plus de souffrances infantiles qu'un séminaire de curés irlandais en pélerinage chez Dutroux (entre l'extraction des "terres rares", l'enrôlement dans les guérillas pour le contrôle des zones d'extraction, l'assemblage des coques et des composants, la consommation poussée, frénétique et compulsive, des médiocres idoles de jeunes, jeunesses elles-mêmes sacrifiées sur l'autel de leur propre gloire et du dieu money).

Voyons cela d'un peu plus près mais pas trop près non plus, recule encore un peu, pas trop, avance, stop, c'est bon, assieds-toi.


Individu et liberté

L'individu n'existe socialement qu'en tant que membre d'un groupe. Un individu qui ne ferait partie d'aucun groupe pourrait tout à fait vivre biologiquement mais ne serait pas libre : il serait seul.
Il a existé et existera encore quelques rares cas d'"enfants sauvages" qui n'inventeront jamais la poudre (à part, peut-être, la poudre d'escampette) mais aucune société fraternelle et pacifique n'a jamais résulté de leur sauvagesse.

Sans trop rentrer dans les détails (car il faudrait y consacrer un très long article), un individu n'a de liberté que celle que lui accorde le groupe dont il fait partie.
Tu peux relire Rousseau, car même s'il était un chieur paranoïaque et misogyne, sa description des valeurs sociales (ce qui fait qu'un groupe choisit de vivre ensemble selon des règles communes, débattues, acceptées puis respectées) est toujours d'actualité.

Les groupes sociaux étant formés d'individus complexes, on peut comprendre la complexité d'éventuels changements dans les valeurs de ces groupes, notamment quand des conditions identiques d'expression et de représentation ne sont pas accordées à chaque individu du groupe.
C'est ce qui fait la faiblesse de la république actuelle (dossard 5 comme la numéro 5 de béchamel), c'est ce qui fera la perte de la prochaine (couloir 6 comme la sixième roue du carrosse), et c'est ce qui sera l'enjeu de la suivante (cette 7, comme les sept doigts de la main, les sept sens, les sept points cardinaux).


de l'individu au groupe

Puisque l'individu a besoin d'un groupe au sein duquel s'épanouir, il est "naturel" que ledit individu souhaite que le groupe en question se concentre sur son épanouissement personnel. Il va de soi que de tels groupes, au service d'un seul individu, voire d'une poignée d'entre eux, a existé, existe encore et continuera d'exister tant que la majorité d'entre nous n'apprendra pas à dire :
« NON ! Stop ! Ça suffit ! les totalitaires on les enterre ! »

À la racine d'une dictature, on trouve toujours le produit de la peur multilplié par le silence, la peur et le silence étant la puissance résultante d'un enseignement nihiliste et autoritaire, le tout fortement divisé par les zéros issus de logarithmes scolaires plus népotistes que népériens !

fn = (psena/ump)2

du groupe à l'individu

Contrairement à ce que pense les faux démocrates qui se croient libéraux, le groupe, la collectivité, l'ensemble des citoyens, ne sont pas des gros mots. Pas du tout.
Ce ne sont que les évolutions sémantiques des archaïques et fondatrices tribus.
Ce ne sont pas des hommes seuls qui ont écumés le monde et fondés des sociétés de tout type après être descendu des arbres, ce sont des groupes humains qui ont appris, au fil du temps, à adapter leur vie commune aux conditions extérieures pour justement pérenniser la vie du groupe.

Évidemment, s'ils avaient su qu'ils allaient engendrer des Jean-François Copé et des "manifs pour tous", peut-être seraient-ils restés sagement à s'épouiller les dessous de bras, bien calés sur la robuste branche maîtresse d'un ébène flamboyant.

Un groupe doit former sans entraver, encourager sans déifier, punir sans exclure.


représentation

Plus un groupe compte d'individus, seraient-ils tous de bonne volonté, il devient à un moment donné impossible de donner la parole à tout le monde.
Si des groupes de quelques dizaines de personnes peuvent avoir le temps et l'énergie pour écouter chaque individu du groupe donner son avis et faire sa proposition, ce système est juste impossible dès que le groupe possède des centaines, des milliers, des millions d'individus.
Une solution (certains animaux sociaux comme les loups y ont recours) est de limiter le nombre d'individus dans un groupe et de forcer les individus surnuméraires à partir fonder leurs propres groupes. Il est d'ailleurs possible que les premiers groupes humains ont fonctionné de cette façon, étendant ainsi rapidement leur présence sur de vastes territoires.
Cette solution n'étant plus appliquée depuis que des petits malins ont compris qu'il valait mieux un grand groupe soumis que de petits groupes concurrents, il va falloir faire autrement.

Une autre solution, largement répandue mais utilisée de diverses manières, est d'élire des représentants.
Et de veiller, ce qui n'a jamais été fait en France (et très peu ailleurs), à ce que ces représentants ne soient que des portes-paroles provisoires et ne s'érigent pas en dynastie confiscatoires des souhaits et désirs de chacun.

Les représentants doivent passer du statut de "roitelets" à celui de "serviteurs".


élections

La technologie aidant – rappel : la technologie est la raison d'être de l'humanité – il devient impératif de mettre au point des votes électroniques à la condition sine qua non de recourir exclusivement à des logiciels open source dont les codes, libres et consultables par tous, seront enseignés pour en assurer la pérennité, la sécurité et l'optimisation.
Ils seront d'ailleurs intégrés dans le code électoral et constitutionnalisés pour, peu à peu, s'étendre à tous les processus administratifs de l'autorité publique.
Les logiciels open source sont seuls capables de garantir l'intégrité des procédures comptables des votes de par leur nature transparente et publique.

C'est comme un vote à mains levées, les yeux bandés (secret de l'isoloir), mais avec des bits.  :)


En conséquence de quoi, je te propose de réfléchir sur ce qui suit :

  • le droit de vote est étendu à tous les résidents permanents âgés de seize ans ou plus ;
  • tout résident permanent âgé de seize ans ou plus peut se présenter pour tout mandat ;
  • les mandats locaux (maire, député, conseiller régional) sont seulement accessibles aux locaux ;
  • les mandats nationaux ou internationaux (président, sénateur, député européen) sont accessibles à tous ;
  • aucun cumul de mandat n'est possible ;
  • aucun mandat n'est renouvelable plus de deux fois ;
  • tout élu peut être révoqué en cours de mandat (incompétence, abus de pouvoir, vol, viol, mensonge, affairisme, ...) ;
  • aucune famille (parents, enfants, grands-parents) ne peut avoir plus d'un élu en même temps ;
  • la rémunération d'un élu (si rémunération il devait y avoir) ne doit être ni supérieure ni inférieure au salaire minimum ;
  • pendant le temps de son mandat, un élu pourra être logé et nourri par la collectivité ;
  • les élus effectuent tous leurs déplacements en transport en commun ;
  • une fois le mandat terminé, merci, bonsoir, vous pouvez reprendre une vie normale ;
  • avoir été élu ne donne aucun droit supplémentaire en terme de chômage, de retraite, de médaille, de rab de dessert à la cantine, de plaque de rue enlaidie à son nom ou de place VIP au Parc des Princes.
  • tout élu convaincu d'avoir "piqué dans la caisse" (de 1 centime à 156 milliards d'euros) est inéligible à vie (et amené à rembourser après avoir été promené nu et couvert de confiture dans toutes les fosses aux ours du pays).

Tout ça demanderait bien sûr à être détaillé, expliqué, justifié (ce que je ferais peut-être une prochaine fois) mais tu saisis l'idée : limiter considérablement (les annihilera-t-on jamais ?) les dérives monarchiques et putassières qui conduisent inexorablement les individus d'un même groupe à la jalousie, à la haine, à la violence, aux affrontements et aux ruptures des stocks de sparadrap et de cercueils.

Encore une fois, ceci n'a d'intérêt que comme base de réflexion et seulement dans le cas où tu ne serais pas satisfaite de ton actuelle démocratie qui ressemble quand même d'assez près à un cadavre fraîchement mâché par des charognards compulsifs qui laisseraient, par jeu, s'agiter dans le vent des lanières de chairs roses, comme des drapeaux qui feraient croire, de loin, à la présence d'une vie pétulante et gaillarde.


Post Blogum : je suis assez content d'avoir illustré ce texte d'une photographie prise au cours d'une belle et nostalgique nuit du 4 août et d'avoir réussi à le faire tenir en seulement 1789 mots même s'il a parfois fallu tirer à la ligne pour cela, comme par exemple en ce moment…
C'est bon, là.… ? Merde, il en manque… Allez, fais un effort, encore un… voilà !
Il n'y a pas de petite fierté.  :)

Post Blogum 2 : pendant ce temps-là, Fukushima continue son cirque radioactif (plus radio et plus actif que la BBC au temps de sa splendeur) sous l'indifférence absolue des nations… Fais-moi penser, si je ne le publie pas ces prochains jours, que j'ai en stock un réquisitoire sur la sûreté nucléaire à faire passer le plus belliqueux des becquerels pour un pacifiste ouest-allemand écoutant du Grateful Dead du bon côté du Mur.


plan du métro Bastille
Si ça te dis (jeudi, samedi) de venir la reprendre, voici un plan d'accès.
photo de l'auteur - Paris 12e, 04 août 2013

9 commentaires

  1. #1

    Par le à

    Tout d'abord une petite coquille : "ce que pense les faux démocrates". Manque un pluriel non ?

    Ensuite, une demande de précision : "aucun mandat n'est renouvelable plus de deux fois" ça veut dire qu'au total on peut en faire 3 ?


    Enfin, comme d'hab, pas d'accord avec tout :

    - la liberté individuel, ça existe. C'est justement cette liberté fondamentale, "naturelle" (qu'on pourrait même reconnaître aux espèces non humaines - et donc, par définition, non membres du groupe - mais c'est un autre débat :)), qui reconnait les individus en tant que tels et pas seulement comme membres d'un groupe. De là découlent des droits imprescriptibles (même par le groupe le plus démocratique) comme la vie, la santé, la dignité, l'opinion, etc... qui au marquent la frontière avec le totalitarisme.

    - "aucune famille (parents, enfants, grands-parents) ne peut avoir plus d'un élu en même temps". C'est justement contraire à la liberté individuelle ça ! Et ça relève d'une conception de la famille un peu christineboutesque je trouve :) (genre unité monolithique et cellule de base de la nation). Et comment ça marche par rapport aux couples ?

  2. #2

    Par le à

    Ben :

    1. Effectivement, il faut que je renouvelle mes stock... :)

    2. Deux ou trois (peu importe le chiffre) : (en fait j'ai pensé deux mais j'ai raté la phrase)... le but est de suffisamment renouveler le personnel politique pour éviter les "états dans l'état" que sont devenus les partis.
    En clair, pas de professionnalisation. Je parle des élus, pas des fonctionnaires qui font le boulot derrière.

    3. La liberté individuelle n'existe pas, je confirme, c'est un leurre.
    Si il y avait reconnaissance de l'individu au delà du groupe, cela voudrait dire qu'il existe une entité surhumaine qui a fixé et des sentiments et les normes de ces sentiments ce que je ne crois pas (contrairement à Cristina Boutinescu).
    La liberté, (comme le bonheur, comme la justice) ne s'apprécie que par comparaison avec l'enfermement, (ou le malheur ou l'injustice).
    Pour comparer, il faut au moins deux éléments. Et deux, c'est déjà un groupe.

    4. Non, c'est l'inverse mais c'est peut-être mal exprimé.
    Le but est d'en finir avec les dynasties et les abus qu'elles permettent : népotisme, impunité, carriérisme, etc...
    Pour les couples, je n'ai pas tranché car les recompositions familiales feraient qu'une interdiction stricte entre parents latéraux - voire horizontaux :) - annihilerait tout le bénéfice du renouvellement par pénurie de personnes éligibles !

    Merci de tes remarques. :)

  3. #3

    Par le à

    Intéressant... ça demande réflexion ;-)

    Shuuuut... éric... entre nous... tu pensais à quoi ? -ou à qui?- quand tu as écrit cette connerie : "la technologie est la raison d'être de l'humanité"... On vit pour les technologies ? rien qu'ça...

  4. #4

    Par le à

    @Véro : on ne vit pas pour mais par les technologies. :)

    Sans technologies, il n'y a pas d'évolution possible.
    La question est pourquoi et comment.

    Pourquoi inventer sans cesse de nouveaux outils, de nouveaux process, de nouvelles complexités ?
    Dans quel but ? (je n'ai pas de réponse)

    Comment cette idée d'amélioration continuelle des technologies a-t-elle germé chez nos ancêtres ? (pas de réponse non plus)

    Le fait est que c'est la complexité croissante des outils qui a permis l'agriculture, la sédentarisation, la guerre mondiale, les blogs... :)

    Après, on peut penser que c'est bien, que c'est mal, qu'on aurait dû s'arreter avant (mais quand ?), que tout ça va nous exploser à la gueule, mais sans technologie, nous ne serions pas là pour en discuter. ;)

  5. #5

    Par le à

    Mouais…
    Que signifie « raison d’être » ? Raison pour laquelle une personne ou une chose, vit, existe.

    Comme l’exprimait plutôt bien Henri Laborit (notamment au travers du film « Mon Oncle d’Amérique) : « La seule raison d’être d’un être, c’est d’être. C’est à dire, de maintenir sa structure. C’est de se maintenir en vie. Sans cela il n’y aurait pas d’être. » Comme toutes les espèces animales, nous sommes là pour vivre… sauf que pour ce faire, la nature (pour son plus grand malheur) a doté l’Homme d’intelligence. Intelligence qui lui servira à développer les techniques lui permettant de survivre.

    A mon sens les technologies ne sont pas « la raison d’être » de l’humanité -le pourquoi il vit- mais juste un moyen –le comment il vit-… Incontestablement, les techniques font partie intégrante de l’homme, un peu comme un prolongement… Le cerveau relié à l’outil !!! Les aigles ont des griffes et les chiens ont des crocs. Nous, on invente des machines… C’est au moyen des techniques que l’homme vit et survit (quoique, les singes s’en sortent pas trop mal sans médecine et sans télé !!!). Je pense, assez simplement, que si l’homme invente sans cesse de nouveaux outils, de nouveaux process, de nouvelles complexités ça fait partie de son instinct de survie !!!

    Pour autant, nous avons le droit, le DEVOIR –surtout- de nous inquiéter de son développement fulgurant. De nombreuses personnes –des penseurs !- s’en inquiètent. Certains d’entre eux –comme Hans Jonas par exemple- vont jusqu'à penser que l'humanité ne survivra que si la peur l'emporte, d'où l'idée d'une "dictature bienveillante", susceptible d'imposer une nouvelle éthique et une véritable politique de responsabilité. Je cite : « La technique, après avoir longtemps et incontestablement contribué à la survie de l'humanité, est, semble-t-il, en train de devenir l'une de ses préoccupations majeures. Aujourd'hui, la maîtrise de son avenir passe sans doute moins par l'invention de machines de plus en plus complexes, que par le développement d'une réflexion de plus en plus vigilante au sujet de la technique ». Et je suis là-dessus à 200 % d’accord ! Il est évident que l’écosystème se passe très bien des OGM, que la nature en général se porterait mieux sans la présence de l’homme… et son extrême intelligence !!!

    Après, de façon plus personnelle, le virage que la société est en train de prendre sous l’influence des nouvelles technologies m’attriste profondément. Que je tire un putain de bénéfice de ces engins avec lesquels je travaille –et qui me font chier !!!-est la moindre des choses ; la possibilité de lire tes billets et partager quelques idées avec toi –même si on n’est pas d’accord- font que je ne leur en veux pas complètement… ;-)

  6. #6

    Par le à

    Je ne suis pas d'accord avec ton ami Hans Jonas.
    Je ne le connaissais pas, je suis donc allé lire deux ou trois trucs sur lui (Wikipedia and c°).

    Le problème de la complexité dépasse la simple technologie : les machines ne sont qu'un des aspects de la pensée complexe qui nous anime en tant qu'espèce.

    Vouloir freiner le progrès technique ou, pire, choisir ce qui est "bon" et ce qui ne l'est pas (et sur quels critères quand on est du "bon côté" de l'opulence ?), amènerait irrémédiablement à un fascisme intellectuel : on s'éloignerait des philosophies de questionnement (le bien, le mal, tout ça) pour une "religion" technologique qui dirait que telle recherche est bien et telle autre n'est que diableries.
    Un recul de cinq siècles et la croissance économique boostée par les manufactures de cagoules pointues ! :)

    Qui pour décider ? On efface le "je pense donc je suis" et on le remplace par "je pense donc tu me suis" ?

    Certes, tout n'est pas bienfaisant dans la technologie mais c'est un tout cohérent avec une histoire, des processus, des réussites et des échecs. On ne peut pas en vouloir juste un bout.

    Ce qui n'empêche pas d'être critique et vigilant, bien au contraire : chaque époque a eu son Jonas qui a dit "cette fois nous sommes allés trop loin".
    Et tant mieux. Les pessimistes contrebalancent les optimistes, le progressisme fait contre-poids au conservatisme, dans un mouvement permanent de balancier qui garantit ainsi une forme d'équilibre (d'un point de vue global, bien sûr).

  7. #7

    Par le à

    Jonas n'est pas mon ami, je ne le connais pas ;-) Disons qu'il fait partie des pessimistes qui utilisent des discours un peu extrêmes. Dans mon propos je dis : "Certains d’entre eux –comme Hans Jonas par exemple- vont JUSQU'A penser..." Là où je suis à 200% d'accord c'est sur le principe de vigilance. Mais à quoi sert la critique et la vigilance si on ne tient pas compte de ce qui en ressort ?

    Tu parles de "fascisme intellectuel"... C'est assez drôle ! Partout, dans tous les domaines il y a du monde pour définir ce qui est bon et ce qui ne les pas, surtout si c'est mesurable ; c'est comme ça qu'on interdit de fumer dans les lieux publics, qu'on limite la vitesse sur les routes. On pose même des interdits sous le principe de prévention : Le clonage par exemple (que serait la science sans les technologies ! ), les OGM... On évalue le degré de dangerosité et on interdit ! Pourquoi n'en serait il pas de même avec les technologies ?

    En réalité on n'arrête pas le progrès (antan des médecins disséquaient des corps clandestinement !), c'est une force qui dépasse de loin celle de l'eau (comme je le disais, ça fait partie de notre instinct) et tout comme pour l'eau il est impératif de canaliser, de maîtriser. Faire le tri entre ce qui est bon et ce qui ne l'est pas me paraît essentiel... Et je pense qu'entre les pessimistes et les optimistes, en effet, il est possible de trouver un équilibre ! A quoi sert de construire des armes toujours plus sophistiquées, sinon à dominer l'autre par la peur ?! Et que devient la liberté individuelle quand on sait que les technologies permettent aujourd'hui de surveiller, de fliquer n'importe qui ?!

    La science évoluera toujours, ce sont les techniques qu'il faut -selon moi- maîtriser, domestiquer (ce qui suppose des interdits)... surtout si on ne veut pas voir débarquer un jour Terminator !!! (la réalité dépasse la fiction, c'est connu ;-)

  8. #8

    Par le à

    Je corrige : Principe de précaution... Sorry !

    - La prudence vise les risques avérés, ceux dont l'existence est démontrée ou connue empiriquement suffisamment à ce qu'on puisse en estimer la fréquence d'occurrence. Le fait d'être probabilisable rend le risque assurable. Exemples : l'utilisation de produits tels que l'amiante, jouer à la roulette russe, la consommation de vins et autres alcools.

    - La prévention vise les risques avérés, ceux dont l'existence est démontrée ou connue empiriquement sans toutefois qu'on puisse en estimer la fréquence d'occurrence. Exemples : le risque nucléaire, le risque de rupture de barrage. L'incertitude ne porte pas sur le risque, mais sur sa probabilité de réalisation. L'absence de probabilités rend le risque inassurable par l'industrie classique de l'assurance.

    - La précaution vise les risques dont ni l'ampleur ni la probabilité d'occurrence ne peuvent être calculés avec certitude, compte tenu des connaissances du moment. Exemples : les organismes génétiquement modifiés, les émissions des téléphones portables2 , la robotique, le génie génétique et les nanotechnologies3.

  9. #9

    Par le à

    Je comprends bien ce que tu souhaites (limiter la casse) mais c'est juste impossible, because :
    je fais court, je vais profiter du soleil ;)

    1. La technologie est bien "la raison d'être" de l'être humain. Laborit (RIP) se trompe : la raison d'être d'un être est d'être, certes, mais la raison d'être de l'être humain (à cause de cette foutue conscience) est le dépassement de l'être (le surhomme de Nietzsche) et la technologie est un moyen comme la philosophie ou la foi (la foi, pas la religion qui est la manipulation de la foi mais c'est - presque- un autre débat) et le plus souvent par une combinaison des trois.

    2. Les "interdictions" ne peuvent être prises qu'après coup, que les risques soient avérées, possibles ou seulement potentiels. Personne n'a songé à interdire l'amiante AVANT son utilisation. Les risques liés aux avancées technologiques font partie de l'apprentissage de ces technologies comme les obstacles pour un bébé qui apprend à marcher. Tu peux lui interdire les escaliers mais pas supprimer ces escaliers. Et les interdictions, tout bébé sait ça, ça se contourne. :)
    Une nouvelle technologie est une boîte de Pandore : une fois existante, il n'y a pas de marche arrière.

    3. La différence de degré entre "prudence, prévention et précaution" est surtout une différence de degré de connaissance du risque pas une différence de degré de dangerosité du risque : pessimistes contre optimistes, anciens contre modernes, vieux cons contre jeunes trous du cul, conservateurs contre progressistes, l'histoire de l'humanité donc. :)

    Si ce n'est déjà fait, je te conseille de lire "Pourquoi j'ai mangé mon père" qui résume bien la chose.

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