Peinture murale de Dominique Larrivaz représentant un chien allongé et souriant, visible rue des Frigos, à Paris 13
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Poison d'avril et poivron d'asile

Déjà le mois d'avril...
Les premiers bourgeons redonnent le sourire aux arbres et les premières notes de roses sur les cerisiers du Japon transforment les allées qui en sont bordées en podium de défilé pour couturier girly. Des merlettes se chamaillent autour d'une flaque pour humecter les feuilles embouées qui consolideront leurs nids.
Seule fausse note de ce printemps de chien qui vient à pas de loup, des élections navrantes où tout le monde a gagné sauf, bien sûr, les électeurs (de plus en plus rares) et la démocratie (de moins en moins vivace).


Passons vite fait sur ce simulacre qui ne fait que confirmer ce que j'ai déjà écrit (fouille le blog si tu as le temps) et qui donne encore plus d'impact à ces deux montages que j'avais réalisé il y a deux ans pour un projet abandonné depuis et que je recogite de façon autre et donc différente, ce qui ne veut rien dire mais comme ce texte ne sera pas bien long, ça t'en fait un peu plus à lire.

Encore une fois (mais c'est systématique) les sondages se sont plantés dans les grandes largeurs.
Encore une fois, la couverture médiatique de ce non-sens que représente "la montée du FN" est indigne de journalistes censés être intègres et intelligents.

Ce n'est pas le FN qui monte : son nombre d'électeurs, en valeur absolue de votants, progresse en fait assez peu surtout si on considère que les électeurs extrémistes ne s'abstiennent que rarement.
Ce qui monte plus vite qu'une moutarde extra-forte dans un nez pas laid, ce qui grimpe plus vite qu'une cordée himalayenne de sumos en surpoids (si un jour j'adopte une hyène, je la prénommerais Hima) c'est le désintérêt pour un système à bout de souffle conduit par des types qui ne savent toujours pas que derrière les électeurs il y a des gens, des vrais, des exclus, des déçus, des soumis, des inquiets, des angoissés, des coléreux, des à-bout-de-patience, des prêt-à-exploser.

Ce sont des hommes et des femmes qui n'emmerdent personne, qui font leur boulot correctement (pour ceux qui en ont encore un), qui ne planquent pas leur argent en Suisse, qui ne demandent ni la Lune ni la fortune et qui veulent simplement qu'on arrête de se foutre de leur gueule en empilant des règles imbéciles sur des lois inapplicables.

Ce sont des hommes et des femmes qui veulent qu'on arrête de leur parler du "trou de la Sécu".
Pour rappel, ce trou n'existe pas : la Sécu — telle qu'elle existe actuellement — doit juste être financée et n'a pas à être rentable (le "comment financer" est lui tout à fait légitime). C'est un service public et non une entreprise concurrentielle.

Ce sont des hommes et des femmes qui aimeraient bien qu'on arrête de leur parler des déficits comme on parle de monstres aux enfants, qu'on arrête de les culpabiliser sur une dette qui n'est pas la leur mais celle des banques, qu'on arrête de les prendre pour des cons avec cet objectif surréaliste des 3% (pourquoi pas 2 ou 4 ou l'âge du capitaine ?), qu'on arrête d'appliquer des règles édictées par une instance non élue mais nommée par un traité largement rejeté par référendum en 2005.
0n peut d'ailleurs dater de cette époque la fin définitive de l'amour des français pour le jeu politicien si on se rappelle de cette photo, comme un aveu, de Hollande et Sarkozy, quasi main dans la main, en "Une" de Paris-Match (ou de VSD) et appelant à voter "oui" à ce fameux référendum... Bandits !
Ce sont des hommes et des femmes qui veulent qu'on arrête de leur dire avec qui ne pas forniquer, avec quoi ne pas s'habiller, et comment et pourquoi, qui demandent qu'on arrête de les empoisonner aux pesticides et aux pluies acides au nom du "made in France" et de la ruralité
Ce sont des hommes et des femmes qui ne croient pas que les entreprises vont créer des emplois si on leur donne une nouvelle brouettée d'argent public pour encore gaver des actionnaires déjà aussi repus que des volailles landaises à l'approche de Noël !

Ce qui monte c'est un gigantesque et irréversible ras-le-bol, un monstrueux et sexy "retenez-moi ou j'casse tout", une envie d'en découdre à nouveau (89, 48, 70, 36, 68 entre autres) puisque ce pays ne sait avancer qu'à grands coupages de têtes au yeux fous qui s'en iront rouler dans la sciure comme des étrons dans des toilettes sèches !


En attendant cette nouvelle "ré-évolution", soyons fous et joyeux, sautons du coq au vin et transformons la galerie photos de ce site en quelque chose d'encore inachevé mais qui me plaît bien car plus en phase avec mon sens inné de l'inorganisation globale.

Cette nouvelle galerie est un mur qui remplit tout l'écran (regarde-là plutôt en mode "plein écran") —  quelque soit la taille de l'écran — et qui affiche les miniatures de photos de façon complètement aléatoire à chaque rechargement de page (touche F5) et qui zoome sur chaque photo si tu cliques dessus (comme l'ancienne version).
Je n'ai plus besoin de m'embêter à créer des catégories et des sous-catégories. Je ne sais pas ranger les petites boîtes dans les grandes boîtes. Je n'ai jamais fini ne serait-ce qu'une face de Rubik's cube. Je n'ai jamais mis d'intercalaires dans mes classeurs. De toute façon, je n'ai plus de classeurs.  :)


Sinon je t'avais préparé un gros poisson d'avril pêché au fil blanc.
Tellement gros que j'ai failli l'avaler de travers et m'étouffer avec ses arêtes.

En vue du 1er avril, et après la branlée mémorable des copains de Flamby Scooterman aux dernières élections, j'avais commencé un article sur la nomination de Manuel Valls comme nouveau premier ministre (déjà, là, ça frisait l'invraisemblable) lequel, lecteur fidèle de mon blog qu'il aurait découvert (non pas dans le journal comme les écoutes téléphoniques) mais par l'entremise d'une note des RG, lequel Valls donc, m'aurait alors proposé un poste de conseiller en calembredaines.
J'avais trouvé un début de formule du genre « gestion et amélioration des annotations dans la narration des communications à la nation ».
Rien que pour corriger un tel intitulé, ce poste aurait mérité d'exister !  :)

Et puis ce con de Hollande, qui fait rien qu'a faire ce qu'il ne faut pas faire, a nommé Valls à Matignon...  :(

J'ai aussitôt détruit le brouillon et éteint mon téléphone.  :)

Ça devrait me laisser le temps de terminer le prochain article qui, du coup, sera plus long...
Ou plus con !
Ou les deux.  ;)


« Toi qui vas les guêtres traînant au long des quais de la rivière... »
(photo de l'auteur - rue de Nevers, Paris 6e, 09 mars 2014)

8 commentaires

  1. #1

    Par le à

    En fait, tu attends quoi de ce pays... ?

  2. #2

    Par le à

    Rien de spécial. Voire rien du tout.
    Le fait même d'avoir encore à raisonner "pays" en 2014 m'attriste profondément.

    Je trouve qu'il est dommage d'avoir raté la construction européenne, je trouve qu'il est regrettable de vivre en regardant toujours derrière, je trouve qu'il est dangereux de péter plus haut que son cul, je trouve qu'il est malsain que les français soient incapables de se rendre compte qu'ils sont devenus un peuple à bout de souffle, à court d'idées, en fin de cycle.

    Attendre quoi d'un cadavre quand on n'est pas un charognard ?

    Toi-même, qu'en attends-tu encore ?

  3. #3

    Par le à

    Je vais avoir besoin d'un peu de temps pour répondre... surtout qu'en ce moment -plus que jamais- faut que je reste concentrée sur mon boulot... (c'est pas pour rien que je délaisse internet).

    Courage...

    PS : Je me souviens, Daniel Pennac, dans son livre "Chagrin d'école", répondait à ceux qui ne voyaient pas d'issue pour les cancres : "Mais qu'est-ce qu'il va devenir ???" Eh bien, d'une manière ou d'une autre, ils deviennent... Paraît-il que nous possédons -sans trop le savoir- un grande capacité de résilience ?!

  4. #4

    Par le à

    Je ne sais pas si je vais arriver à répondre à ta question... Je ne sais même pas par où commencer… mais j’y pense, j’y pense !

  5. #5

    Par le à

    En fait c'est TA question... mais prend ton temps. ;)

  6. #6

    Par le à

    "MA" question que tu me renvoies à la figure... Merci !

  7. #7

    Par le à

    La raison doit nous amener au-delà de l’intérêt personnel pour atteindre une sorte de « vérité » universelle, mais je me rends bien compte que nous sommes –globalement-- très imprégnés de notre environnement, de notre éducation et de notre vécu, à tel point que… hummm… je sens que je vais ne pas y échapper !

    Le fait est que j'ai détesté la campagne de Hollande, il ne parlait pas de monstres, mais de petites fées, d’anges et de magiciens... La crise n'existait pas, c’était de l’intox... Ha, ha, ha... Malheureusement si, elle existait, elle existe toujours. En 2012, lors de la campagne présidentielle, la société dans laquelle je travaille en souffrait déjà -baisse des marges et baisse d'activité- Le « trou » de la sécu aussi existe, c'est juste l’écart qui se forme quand on dépense plus qu'on ne gagne ; si le but de la sécu n'est pas d'être rentable, personne ne gagne non plus à ce qu'elle soit déficitaire… cela revient à étrangler tout doucement l'état providence ! Parfois je me dis qu’il est dommage que tous ces organismes ne fonctionnent pas comme autant d’entreprises privées, ce qui reviendrait à dire que soit tu te démerdes pour qu’ils soient « rentables » soit t’arrêtes, mais surtout tu ne laisses pas s’accumuler des dettes insurmontables ! (On pourrait imaginer que si à tout hasard la sécu faisait des bénéfices, ceux-ci seraient tout simplement redistribués l’année suivante… On a le droit de rêver, non ?) OK c’est de la connerie…

    Visiblement nous bénéficions actuellement d'un taux d'emprunt très bas ce qui ne durera pas si la dette continue à augmenter... C’est absolument abominable ce que nous coûtent les intérêts : Chaque seconde les intérêts de la dette publique de la France coûte 1509 €, soit plus de 46.7 milliards d'euros payés chaque année sur une dette publique totale de 1 788 800 000 000 environ en septembre 2011 soit une dette de 25 830 euros par Français et 16644 € d'intérêt par famille. Cette charge de la dette est aggravée chaque année par un déficit public qui ne se résorbe pas… ça donne le tournis. C’est du gâchis… http://www.planetoscope.com/comptes-publics/1184-les-interets-de-la-dette-publique-francaise.html C’est peut-être stupide, mais quand tu as des enfants, tu y penses…

    Et si on ne les payait plus ??? (c'est pas l'Islande qui a fait ce choix il y a quelques années ?)

    On veut la mondialisation… (avec les technologies et les nouveaux moyens de communication, il est impensable qu'il en soit autrement), sauf que celle-ci repose sur une économie de marché. Tous les intérêts économiques, politiques et sociaux sont si gros et si imbriqués... à part une guerre mondiale qui raserait tout en ne laissant que quelques pèlerins pour tout recommencer à zéro, je ne vois pas comment on pourrait arranger la situation au mieux et au plus vite... sans compter que ces pèlerins en question ne manqueraient pas de fabriquer une société peut être différente mais toujours à leur image, c'est-à-dire imparfaite !!! Je suis plutôt d’avis que globalement on déplace beaucoup plus de problèmes qu’on ne les arrange… Le communisme ? c’était magnifique comme idéologie, non ? Et que devient le « printemps arabe » ? il s’embourbe dans des guerres de religion ? Il tourne en rond ? Et l’Ukraine ? c’est affolant…

    Et la France là-dedans ? Hollande me fait l’effet de vouloir manœuvrer un bateau qui n’a plus de gouvernail, il fait juste semblant de tenir la barre pour que personne ne le sache… et comme tu dis : « ces derniers jours montrent clairement que les gouvernants non seulement ne possèdent plus les clés de l'organisation sociale (récupérées par les entreprises transnationales avec la gourmandise de hyènes cocaïnomanes s'apprêtant à dépecer le cadavre encore chaud de Bambi venu se désaltérer dans le courant d'une onde claire) mais — et c'est là toute la honte de cet état-racaille — se satisfont de ne plus les vouloir, tant que leurs "pouvoirs" (aka leurs privilèges) ne sont pas remis en question. » Sauf qu’il n’y a pas que les clés de l’organisation sociale…

    Vu de ma petite échelle, je dois dire que la situation ne me rassure pas… Je fais partie de ces fameuses classes moyennes, celles qui trinquent soi-disant. (entre nous, je trouve ça un peu obscène ! Oui, OK, entre les riches qui se barrent et les pauvres qui n’ont rien à offrir, les classes moyennes supportent en grande partie ce fameux « effort »… et alors ? Va falloir supprimer les cours de poney de la petite, annuler le voyage en Thaïlande ? se passer de la femme de ménage ? Faire une croix sur la nouvelle télé 4K… C’est très grave, en effet !!! Le problème majeur là-dedans, c’est que ça n’aide pas à relancer l’économie ; les agences de voyagent manquent de clients, les petits clubs de poney ferment, et les aides ménagères alors ? Quant aux asiatiques qui fabriquent les télés je m’en fous (soit dit en passant LED fabrique en Turquie, Samsung en Slovaquie, Thomson en Pologne et Philipps en Hongrie… Super !).

    Dans mon ménage c’est le budget épargne qui es ratiboisé –le budget loisir étant déjà ridicule, par choix il faut le dire, nous faisons partie de la caste des fourmis)- ce n’est donc pas dramatique. Le vrai coup dur ce serait la perte de travail ! Faire des efforts ? Pas de souci… mais voilà, nous travaillons à 90 % sur des commandes publiques… et vu les économies que l’état espère réaliser… il y a de quoi s’inquiéter. Je suis inquiète… J’admets que lorsque j’entends parler de « cadeaux » aux entreprises j’ai envie de hurler… Mais si la baisse des charges est la bienvenue, malheureusement, elle n’arrangera rien pour la plus part des entreprises : soit parce que cela représente une goûte d’eau (l’incidence est ridicule pour des TPE et des artisans qui représentent à eux tous le plus gros employeur en France), soit qu’ils auront d’abord besoin de restaurer les marges (les bénéfices qui ne sont pas distribués viennent grossir les réserves –ce qui permet, entre autres, de supporter les mauvaises années ; inutile de compter sur les banques pour éponger des pertes, de même que l’état ne rend pas l’argent qu’elle perçoit en cas de mauvaise année !-). Quant aux dividendes, faut savoir que la plus part du temps elles sont distribuées après impôt et que l’état se sucre généreusement là-dessus (encore mieux depuis les réformes 2013 !) En imaginant deux secondes que les entreprises décidaient de réinvestir la totalité des bénéfices et ne plus distribuer de dividendes, l’état serait encore plus dans la merde. Bande d’hypocrites… !!! Et je dis merde aussi aux entreprises transnationales…

    Sinon, la question était : Qu’est-ce que j’attends de ce pays ??? Je ne sais pas… C’est tout le système, dans son fonctionnement, à échelon mondial, qui est corrompu. En a-t-il jamais été autrement ? Il est fait de l’accumulation des intérêts particuliers… Think local… and that’s all !

    Néanmoins, j’ai tendance à penser que la majorité des politiques -dans le meilleur des cas- ne demandent pas mieux que d’œuvrer « au mieux » dans la tâche qui leur est dévolue… rien que pour laisser à la postérité une « excellente » image d’eux !!! ;-)

  8. #8

    Par le à

    Le non paiement des dettes (remise à zéro pour tout le monde, états, entreprises, particuliers) est effectivement une des clés (les banques n'en souffriraient même pas ou si peu).

    Mais il faudrait un consensus international... pas gagné.

    Les "fourmis" comme toi ne font pas partie des "entreprises" aidées : les seules à l'être (et c'est là qu'est l'arnaque) sont celles côtées en bourse (CAC 40 ou second marché).

    En sus de la suppression des dettes, il faudrait aussi interdire purement et simplement toute spéculation au moins sur les matières premières alimentaires et énergétiques.

    Mais on prend le chemin inverse, il n'y a donc pas de quoi être optimiste...

    Quand aux dividendes non redistribués, s'ils étaient convertis, partie en salaires (ou plutôt en primes), partie en R&D, l'état toucherait sa part. ;)
    D'autant plus qu'aucun salarié n'aurait l'idée saugrenue (à l'inverse des gros actionnaires) de faire de "l'optimisation fiscale" en Suisse ou ailleurs.

    Accumulation des intérêts particuliers, comme tu dis.

    Raison de plus pour repenser le collectivisme (non, ce n'est pas un gros mot) à l'aune de la globalisation !

    Écrire au journal qui transmettra. :)

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