Peinture murale de Dominique Larrivaz représentant un chien allongé et souriant, visible rue des Frigos, à Paris 13
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Manuscrit Zéro Zéro Sept (suite)

Quoi de plus intrigant que de trouver chez un autre écrivain LA phrase autour de laquelle tu tournes depuis des années sans parvenir à l'assembler correctement ? C'est ce qui vient de m'arriver en lisant un nouvel ouvrage de Yôko Ogawa (qui va finir par devenir mon auteure de chevet). Et là, ce que je te disais de la dame dans l'article précédent — à savoir qu'elle était à la fois un écrivain qui donne autant envie d'écrire que d'arrêter — prend tout son sens.

Après avoir terminé le précédent livre, je m'en retourne le rendre à la Bibliothèque de Paris et là je m'aperçois que cette bibliothèque dispose de quasiment tous les ouvrages de Yôko Ogawa. OK, je vais vraiment prendre du retard sur mes activités en cours !

Puisque tous ses livres sont là, je décide d'en faire une lecture chronologique et j'attrape les trois premiers : La piscine, Les abeilles, La Grossesse, réunis en un seul volume. Et dans le premier texte, cette fameuse phrase que j'aurais tant aimé écrire. Au détour d'une description en apparence anodine. Le cachet de l'auteure. Cette fausse légèreté de forteresse volante qui s'apprête à lâcher son napalm, cet art du jardin zen où sous chaque nénuphar pourrait s'abriter un crocodile aux dents empoisonnées.

Je ne sais pas si je te révèle cette fameuse phrase ou bien si je la garde pour un futur recueil ou roman. J'hésite. D'un côté, elle est la clé de voûte qui sous-tend tout ce que j'écris et mériterait, à ce titre, de rester enfouie sous les mots. D'un autre côté, en tant que clé de voûte, elle t'aiderait peut-être à comprendre certaines parmi mes phrases les plus obscures.
Je pourrais organiser un sondage. Ou jouer à pile ou face. Mais je crois que je préfère hésiter. Et puis il faut que je retourne "travailler".  :)

Être constamment entre deux postures, parfois antinomiques, est aussi ce qui me caractérise le mieux en tant que personne. Du coup, je garde cette phrase pour moi. Je te la glisserais l'air de rien, un jour, dans un texte anodin (il faudra que je m'entraîne à écrire comme Yôko Ogawa).

Pour compenser, je te mets quelques photos — elles aussi anodines — prises autour du métro Passy il y a deux semaines.


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