Peinture murale de Dominique Larrivaz représentant un chien allongé et souriant, visible rue des Frigos, à Paris 13
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L'amarre, c'est yes !

Ainsi les anglais ont appris la Marseillaise. Et les médias français de se masturber promptement sur cette étrange marque de respect et de dignité. OK. Et l'hymne russe ? Et l'hymne libanais ? Et l'hymne à la fraternité perdue ? Je n'aime pas les hymnes. Ils précèdent trop souvent le bruit des bottes.

La France est officiellement en guerre mais ne sait pas exactement contre qui. Elle sait contre quoi. C'est déjà ça. En guerre contre la violence aveugle. Pas contre la violence sociale. En guerre contre l'obscurantisme religieux. Pas contre l'opacité bancaire. Et bien que tout soit lié.

Il y a la compassion sincère et le sentiment réel d'avoir été dépouillé, sinon de la vie d'un proche, d'une part importante du bien-être que me procuraient les rues de Paris. Mais ça ne me rendra ni sourd ni muet. Je ne cautionne pas les bombardements qui tuent toujours plus de civils que de militaires. Qui détruisent toujours plus d'écoles et d'hôpitaux que de casernes. Évidemment, on ne connaîtra jamais l'impact réel de ces lâchers d'obus sur Raqqa. Les propagandistes des deux camps s'affronteront à coups de communiqués mensongers. Peut-être y aura-t-il l'envoi de troupes au sol ? Des milliers de bipèdes dont combien reviendront entier, y compris psychologiquement ? Curieusement, les chefs de guerre ne font jamais la guerre. Ils la décident. Ils l'ordonnent. La négocient. À l'abri des balles. À l'arrière, comme les trous de balle qu'ils sont tous finalement.

La guerre menée par Daesh (car, oui, c'est une guerre) n'est pas une guerre classique. Sun Tzu ou Clausewitz ne servent plus à rien. Il faut repenser les ripostes. Réinventer ses moyens de défense. Résister non plus à l'ennemi mais à soi-même. Résister à nos réflexes conditionnés de gendarmes du monde. Des gendarmes devenus aussi inutiles que des maréchaux-ferrants sur un circuit de Formule 1.

Et n'attend pas que je te donne de solution de remplacement. Je n'en ai absolument pas la moindre idée. Et ce n'est pas faute d'y réfléchir depuis de longues années. Depuis l'attentat de la rue des Rosiers, en fait. Te dire si ça fait longtemps que je me sens inutile et impuissant devant ces nouvelles sauvageries que sont les attentats urbains.

Mais ne me soutiens pas que faute de mieux... que faute de grives... que ceci ou que cela. La guerre, on le sait bien depuis cent mille ans qu'elle se pratique, n'est définitivement pas la réponse à la guerre. Ne m'objecte pas les victoires contre celui-ci ou celui-là : la paix est totale ou elle n'est pas. À quoi sert d'être en paix dans une seule partie du monde puisque le monde est un ? Ce qu'on laisse moisir sous un tapis (fût-il de bombes) finit toujours par refaire surface. La guerre ne mène qu'à la guerre.

Il y a forcément d'autres solutions. Le génie humain est aussi fait pour ça. Réveille-toi et réfléchis. S'il-te-plait. Et ne fais pas attention au titre. Ma faiblesse pour les jeux de mots idiots a encore frappé. Mais elle au moins ne tuera personne.


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