Peinture murale de Dominique Larrivaz représentant un chien allongé et souriant, visible rue des Frigos, à Paris 13
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Les vases de soi sont brisés

Ne pas céder à la colère. Ne pas, de quelque manière que ce soit, donner prise à un quelconque sentiment de vengeance.
Plus facile à écrire qu'à respecter. Et c'est le type d'en face qui en pris plein la gueule. Pas grave puisque c'est un con mais ça aurait pu être quelqu'un de bien. Ça aurait pu être toi.


Les petites frustrations du quotidien s'entassent dans un vase et finissent souvent par ressortir d'un coup sous la forme d'un accès brutal de colère sans aucun rapport d'intensité avec la goutte qui a fait déborder puis exploser ce vase. Vu de l'extérieur, bien sûr. De l'intérieur, le mécanisme est parfaitement clair et le détonateur parfaitement identifié. L'entassement des diverses couches de combustible est lui aussi parfaitement traçable et tracé. Il y a même une sorte de jauge qui nous prévient : encore deux ou trois petites frustrations du quotidien et je fais tout péter !
Selon les cas, les dégâts seront plus ou moins importants et durables. Hier, ce n'était ni l'un ni l"autre. Et quelque part, après quelques heures de réflexion, je suis finalement assez satisfait que le vase ait explosé à ce moment-là.

Mais il reste un problème. Un gros problème. Mon vase est en fait d'une contenance ridicule. J'ai même l'impression qu'à l'inverse de mes congénères, ce vase rétrécit d'année en année alors que la sagesse, l'expérience, la maturité et tout ce qu'on est censé acquérir en vieillissant — et ça fait déjà un bon paquet de temps que je vieillis — sert plutôt à augmenter chaque fois le volume dudit vase.

Il est par ailleurs fort possible que les massacres de vendredi dernier aient définitivement brisé ma capacité à régénérer chaque fois de nouveaux vases.


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