Peinture murale de Dominique Larrivaz représentant un chien allongé et souriant, visible rue des Frigos, à Paris 13
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Burki ni-oui, burki ni-non

Plusieurs faits sont venus (malheureusement) étayer ce que je te disais l'autre jour à propos de la mise à mort de la laïcité (cf le précédent article). Passons rapidement sur le voyage effectué officiellement (et discrètement — ne gâchons pas les JO) par le président d'une république laïque chez un haut dignitaire religieux inquiet pour ses VRP : je n'ai pas eu le temps de renouveler mes insultes et une telle trahison mérite d'autres épithètes que ceux employés habituellement. Le fait réellement marquant de cette mise à mort en passe d'être réussie est cette hallucinante affaire de « burkini »


Soyons clair : je ne suis pas pour le port de ce vêtement que ce soit sur les plages ou dans n'importe quel autre lieu public. Mais je ne suis pas contre parce qu'il représente un symbole du fondamentalisme musulman. Je suis contre parce qu'il représente un symbole religieux et que je suis (en accord avec la laïcité qui régit ce pays) contre tout prosélytisme religieux dans l'espace public.

Aussi, l'interdiction du « burkini » sur les plages doit-elle aussi concerner les croix (pendentifs ou tatouages), les médailles de la vierge, les soutanes, les cornettes, les turbans sikhs, les papillottes et les kippas juives, etc, etc…

La lutte contre le port du « burkini » est devenu (et pour certains à l'insu de leur plein gré) une lutte contre l'islam. Contre la visibilité de cette religion. Les plus politiciens te sortiront leur plus beau mensonge : la France et l'Europe sont de racines chrétiennes ! Faux ! La France, comme l'Europe, sont de racines païennes. Le christianisme est venu s'y imposer assez difficilement depuis moins de deux mille ans et s'y est surtout frayé un chemin (merci Charlemagne !) à grands coups de haches et de massacres contre les infidèles comme le ferait aujourd'hui n'importe quel abruti sur une plage du nord de la Corse.

La seule réponse à toutes les dérives religieuses est la laïcité et nous avons la chance, en France, de l'avoir DÉJÀ à disposition.

Bordel, ne la laissez pas crever en déraisonnant et en faisant le jeu des cathos intégristes qui comptabilisent chaque coup de gueule contre le burkini ou le communautarisme musulman comme une volonté de retour à un état chrétien tout aussi communautariste et violent !

Il ne faut pas refuser le burkini parce qu'il est musulman mais parce qu'il est religieux.

Ce n'est pas le nom de la religion qui compte, c'est le fait religieux dans son ensemble qu'il faut combattre lorsque celui-ci tente de s'imposer à tout le monde.

Pour rappel, la laïcité n'interdit pas le fait religieux. Ce serait un autre communautarisme de le faire. La laïcité redéfinit simplement les règles d'occupation de l'espace public par les religions. Pour éviter tout prosélytisme.

Bien sûr, cette laïcité n'est pas infaillible. Surtout à l'égard de l'église catholique. Et c'est ce qui donne aujourd'hui du grain à moudre aux « associations » pour la défense de la religion musulmane qui estiment (à juste raison) qu'il y a deux poids deux mesures.

La grande faute de la laïcité est (à mon sens) le maintien de l'autorisation pour toutes les religions de dispenser un enseignement religieux aux enfants notamment par le biais d'écoles religieuses qui n'oublient pas de se nommer  écoles privées  sauf (comme le font toutes les entreprises privées) lorsqu'il s'agit de recevoir des subsides et des agréments de la part d'un état honni mais soudainement affable et nourricier…

La plus efficace des luttes contre les radicalisations (de quelques religions qu'elles émanent) sera l'application stricte de la laïcité au sein d'une république enfin honnête (donc débarrassée des politiciens professionnels) qui aura le courage d'interdire purement et simplement l'accès d'une religion aux enfants (en dehors du cercle familial). Qui aura le courage d'enseigner avec impartialité le fait religieux dans ses écoles républicaines ouvertes à toutes et tous (enfants et adultes). Qui enfin, laissera à des citoyens adultes dûment éduqués le choix d'opter pour une vie laïque et républicaine (qui lui garantit le droit de croire en ce qu'il veut mais en privé) ou d'émigrer (seul et à ses frais) dans des pays de haine et de bêtise.

Sans république honnête pas de laïcité intelligente. Et sans laïcité intelligente... ben, tu n'as qu'à lire les journaux.


6 commentaires

  1. #1

    Par le à

    Bonjour, j'ai lu rapidement votre article, étant catholique, j'ai été élevé avec cette phrase, ne pas montrer que je suis croyant, j'ai toujours porté ma croix sous mes vêtements et quand je vais à la plage, j'enlève ma croix avant.
    J'ai un tatouage mais pas une croix, car je ne pourrais pas la cache sur une plage.
    Mes croyances n'ont pas être su des autres.
    Mon avis sur le burkini et le même que sur la burqa, non par rapport à la religion, mais sur sa forme de soumission à la femme, mais si je suis catholique, je fais le même reproche à l'église pour les sœurs, je ne supporte pas comment elles sont habillées, que certains ne sortent jamais de leur couvent, etc. J'aimerai que les sœurs soient l'égale des prêtes.
    C'est les évènements actuels qui font que c'est la religion musulmane qui est visé, un jour, cela sera autour des autres religions que l'on montra du doigts.
    Les écoles privées ne sont plus ceux d'hier, ayant eu des cousins qui ont étudié de cet établissement, je peux vous dire que les cours sur la religion, ne sont plus obligatoire, et pour tout dire, mes 3 cousins qui ont été dans une école privée, aujourd'hui ne sont pas du tout croyant.
    Bien à vous

  2. #2

    Par le à

    Hello Eric, comment vas-tu ?

    J'ai été à l'école en Belgique étant enfant (je pense que j'en ai déjà parlé il y a des lustres !). A l'époque (je ne sais plus aujourd'hui, je n'ai pas vérifié), on enseignait la religion à l'école. On avait le choix entre les trois grandes religions ou cours de morale pour les autres, les "non-branchés religion" ;-) J'étais en morale et j'ai adoré ce cours, j'en garde d'excellent souvenirs. Il y avait très peu de gamins dans les cours sur la religion catholique, un peu plus sur la religion musulmane. Personnellement, je me dis que, vis-à-vis de tous ces problèmes d'endoctrinement, de terrorisme religieux, etc... ce n'est peut-être pas une mauvaise idée, des cours enseignés plus sous un aspect historique, ou qui remet les choses dans leur contexte, qui évite les interprétations et prodigué par des gens formés... tous ces jeunes qui partent faire le jihad sont souvent à côté de la plaque et n'y connaissent rien à la religion !

    Burka ou burkinis... je croyais qu'il s'agissait plus d'une affaire de culture que de religion ?! J'aimerais bien comprendre une bonne fois pour toutes. Ce qui me fatigue réellement à la longue, c'est qu'on ne puisse pas porter ce qu'on veut sans que ça fasse tout le temps des tas d'histoires, religion ou pas religion, seins nus ou toute drapée !

    Et en ce qui concerne l'école privée, ce n'est plus ce que c'était : peu de cours de religion, des gamins de toutes confession (ce que je trouve pas mal), problèmes de discipline, pas toujours de grands moyens d'une école à une autre... Mes enfants y sont allés ! C'était le cadre de travail qui m'intéressait vu que l'école publique à laquelle ils étaient rattachés était catastrophique (très gros problèmes de discipline, drogue, violence, etc)

  3. #3

    Par le à

    Et que personne ne me dise qu'il y a de la drogue qui circule dans les établissements privés, merci je sais !

  4. #4

    Par le à

    Salut Véro :) Nice to see you again !

    La dégradation des écoles privées est plutôt un argument pour leur disparition : elles font quand même leur beurre sur leur (soi disant) capacité à pallier aux (soit disant) déficiences des écoles publiques...

    Sinon, ça va, et toi (bientôt deux ans que tu n'es pas venue faire la causette ici) ?

  5. #5

    Par le à

    Leur beurre... ça dépend où tu vas. L'école où mes gosses sont allés se voulait accessible, tu lui enlevais la cantine et ça ne coûtait pas cher, des enfants de tous milieux sociaux y allaient. Elle ne prenait pas sur résultats non plus mais en fonction des inscriptions et donc le niveau n'était pas non plus très élevé (quand tu prends que des bons élèves, il est normal de se trouver en tête d'affiche !). Globalement, mes loulous ont travaillé dans de bonnes conditions, il y a mieux et il y nettement pire... De toute façon, au vu de mes différentes expériences en Espagne et en Belgique, je trouve que la méthode d'enseignement en France est nulle !

    Deux ans déjà ?!!! Quelle horreur... J'avais décidé de ne plus mettre les pieds sur aucun espace de discussion, blog, site, peu importe. J'y passais trop de temps, consacrait trop d'énergie en quelque sorte... tout ça pourquoi pour jouer les psychologues de comptoir ! Avec le recul, je me disais que j'étais grotesque, j'avais l'impression d'avoir une double vie, de passer surtout à côté de a vraie ! En même temps, ce qui s'écrit sur les blogs ça fait partie de la vraie vie aussi, juste on ne vous rencontre jamais :-) Si je n'ai aucun regret d'avoir coupé court avec tout ça, je pense quand même souvent à toi et à tes billets toujours si bien tournés... j'y vais, j'y vais pas... j'ai résisté deux ans dis donc !!! Ouais, probablement que j'ai eu tort, tes billets ne sont pas seulement bien écrits, souvent beaux et drôles, mais ça fait tourner les méninges ;-) Je pense que je passerais les lire comme antan, même si je m'abstiens de ramener ma fraise !

  6. #6

    Par le à

    Véro, on écrit aussi pour échanger. Tu peux donc t'exprimer autant que tu le souhaites, aucun comptoir ne te jugera (surtout ici, mais tu connais la maison). :)


    À dans moins de deux ans, donc !

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