Steve Jobs est mort. Et alors ?

Évidemment, cette nouvelle ne me fait pas hurler de rire mais elle ne m'attriste nullement et à cela plusieurs raisons.

1. La mort est l'aboutissement de la vie, ce qui la valide en tant que parcours. À partir de maintenant (une fois séchées les larmes de crocodiles), le vrai Steve Jobs va peu à peu se dévoiler. Et l'on s'apercevra que celui qui est mort n'est pas un « créateur » mais un patron aux méthodes parfois discutables (les ouvriers chinois de Foxconn ne me contrediront pas).

2. Les prétendues inventions d'Apple n'en sont évidemment pas. En informatique, même si l'évolution technique est plus rapide que dans d'autres secteurs industriels, toute nouveauté est l'aboutissement d'un processus. Steve Jobs, en tant que spécialiste du marketing (seul secteur à pouvoir réellement pleurer la disparition d'un maître) a su vendre des évolutions qui à la base ne sont pas les siennes (l'interface graphique, la souris, les effets 3D, …).

3. À l'heure d'Internet et de son modèle de partage de connaissance pour le bien de tous, Apple a choisi d'emprisonner ses clients derrière des barreaux chatoyants tout en faisant en sorte (et là, je salue le cynisme) que les dits clients se jettent volontairement dans ses prisons numériques.

Steve Jobs est mort. Et alors ? Seuls ses proches doivent éprouver de la tristesse (et ils ne liront pas ce billet). Les autres, qui ou que pleurent-ils exactement ? Le personnage de cinéma (il doit y a voir un sacré bordel à Hollywood en ce moment pour déterminer qui sortira la première biopic du bonhomme), l'icône numérique ou bien la personnification du rêve totalitaire : cacher la réalité derrière le faste et la lumière (le design) et jouer sur le culte de la personnalité (l'homme en noir).

Rest in peace, néanmoins. Ce n'était qu'un homme, pas un dieu.