Peinture murale de Dominique Larrivaz représentant un chien allongé et souriant, visible rue des Frigos, à Paris 13
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Qu'homme il se doit (d'honneur)... # 2 : the karachi rack

Le temps de peut-être terminer trois "gros" articles ou de les enterrer définitivement, reprenons la litanie des "crétins de la semaine".

Cette semaine, les protagonistes politiques de « l'affaire Karachi » sont à l'honneur...
Je ne vais évidemment pas ressasser tous les détails de cet imbroglio (vos journaux ont pléthore d'articles sur ce sujet), juste rappeler que la politique, oui, c'est dégueulasse mais puisqu'on le sait tous, pourquoi le cacher ?

Comme toute affaire de livraison d'armes (livraison légale ou non, les circuits et les intermédiaires sont les mêmes), la partie la plus importante du transit est aussi la plus opaque : la partie financière.

Dans cette affaire, il y a un fort soupçon de malversations.
Or, tout en s'en défendant (parfois mollement), les principaux protagonistes politiques font tout ce qu'ils peuvent pour que la Justice soit ralentie, étouffée, noyée (ne rayez aucune des mentions utiles).

 

Édouard Balladur : autrefois raillé pour son attitude "rétro" et ses prises de parole trop ostensiblement 16ème (arrondissement de Paris), il est aujourd'hui d'un silence tout aussi 16ème (siècle cette fois, celui de l'Inquisition Espagnole)... Il est quand même le principal suspect dans cette histoire de "rétro-commissions" mais aussi le plus absent des pages des journaux.
L'homme à la démarche mesurée aurait-il le pas qui se tend ?

Nicolas Sarkozy : celui dont même Silvio Berlusconi pense qu'il est fou (parole d'expert !) préfère comme à son habitude les sarcasmes et les postures victimaires. Ainsi que les grands discours conjugués au futur... pour le présent, toujours rien... Hey, mister président, c'est bientôt Noël ! Le sujet est sans doute trop "hot" pour sa hotte...

Dominique de Villepin : le meilleur ennemmi de Sarkozy perd la mémoire et le sens du panache... Après avoir dit tout et son contraire dans cette histoire, le roi du "rétro-pédalage" donne encore l'impression de se coucher (comme à son habitude dès qu'il faut se salir les mains).

Alain Juppé : lui aussi silencieux sur toute cette histoire, on peut se demander, connaissant la rouerie du chef de l'état, si son retour au gouvernement n'est pas une contre-partie de ce silence ? Toujours aussi droit dans ses hottes ses crottes ses bottes, le maire de Bordeaux en profite pour renouer avec ses anciennes amours cumulardes.

Jacques Chirac : vu son âge et son état, beaucoup doivent espérer son décès prochain qui mettrait un terme au moins médiatique à cette saga... À son propos, une excellente blague circule : en arrêtant le versement des commissions, Chirac souhaitait moraliser la vie politique. Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Ha !!!

Les sous-fifres : Morin, Bayrou, Léotard, Hortefeux, Bazire, Accoyer, Debré, ont tous plus ou moins contribué à opacifier un peu plus cette sombre histoire qui serait restée banalement enfouie s'il n'y avait quand même eu quinze morts.

Quoiqu'on pense de ces morts(1), le traitement politique de cette affaire est révélateur de deux choses : d'une part, la "raison d'état" a encore de beaux jours devant elle, d'autre part, à l'approche d'une élection importante (oui, je sais, emilpoe, aucune élection n'est importante :) ), le "tous pouris" va encore faire des adeptes... Le problème est de savoir où iront se nicher ces frustrés : dans l'abstention ou chez les extrêmes ? Karachi mou ou Karachi dur ?

 

(1) Quoiqu'on pense de ces morts parce que certains y voient des militaires en service commandé, morts au champ d'honneur... ça me paraît un peu graveleux même s'il s'agissait bien de militaires... ils n'étaient pas équipés pour se battre et j'aurais tendance à les considérer comme des travailleurs expatriés à l'instar des employés d'Areva enlevé récemment au Niger.


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