Peinture murale de Dominique Larrivaz représentant un chien allongé et souriant, visible rue des Frigos, à Paris 13
, - 472 mots - 17 commentaires

Un Temps de Chiens !

Écrire sur la religion n'est pas facile.
Écrire sur l'intégrisme religieux complique encore la tâche.

Mais s'agit-il vraiment d'un livre sur la religion ?


Dehors les chiens, les infidèles

Couverture du livre de Maïa Mazaurette, Dehors Les Chiens Les Infidèles, Folio, 2010

De Maïa Mazaurette, Éditions Mnémos 2008, réédition au format poche chez Folio-SF en 2010.

Bon, je ne vais pas vous raconter l'histoire ni vous en faire une chronique détaillée.
Sachez juste que ce livre est simplement excellent et qu'il ne faut pas craindre les étiquettes fantasy et religion dont les éditeurs l'ont affublé. Achetez-le, lisez-le, régalez-vous, point.

Si vous souhaitez néanmpoins quelques détails, vous trouverez sur un site spécialisé en SF et Fantasy, une chronique ainsi qu'une interview de l'auteure.


Ce livre est intéressant parce qu'autant le sujet (la religion) que le genre (la fantasy) ne sont que des prétextes à faire vivre des personnages.
Et quand je dis vivre, comprenez que ces personnages ne vous quitteront plus une fois le livre terminé.

Il y a là un tour de force énorme : absolument rien (justement à cause du sujet et du genre) ne pouvait a priori me rapprocher sensuellement de ces personnages d'un autre temps dont la vie se résume à courir tous les périls pour retrouver une hypothétique mais terriblement symbolique arme de légende !

Sans oublier de joliment contribuer aux principes quasi obligatoires du genre (la quête, le dépassement de soi, le sauveur, la menace du chaos, le bien, le mal - encore que ces deux dernières notions sont très intelligemment imbriquées), Maïa Mazaurette a créé des personnages totalement contemporains dans leurs doutes, dans leurs émois, dans leur constante perplexité face au destin et leurs certitudes de l'instant.
Des personnages complexes qui hésitent, qui se trompent, qui déçoivent, qui saignent et qui pleurent.
Des personnages qui rient, qui espèrent, qui s'abandonnent...
On est loin des androïdes faussement humains, des elfes faussement humains, des humains faussement humains ou des dieux faussement odieux.

Dans ce livre, rien ne sonne faussement. Parfois, ça résonne ossements : on s'y bat beaucoup et plutôt férocement. Mais le plus souvent, ça frissonne de haussements !

Haussements de cœur devant le cru de certaines scènes, haussements de sourcil devant la qualité descriptive des batailles, haussements d'épaule quand le réveil signale qu'il faut reposer le livre et que tu te retrouves malgré ça en retard, haussements des tachycardies au fur et à mesure qu'avance une intrigue impeccablement ciselée, haussement de talent surtout, celui dans lequel l'auteure a pris bien soin d'enrober chaque page.

Vous aurez compris que ce livre est quasiment impossible à refermer avant la fin.
430 pages. Je vous aurais prévenu !


Maïa Mazaurette est l'auteure de nombreux livres sur la sexualité (notamment « La revanche du Clitoris », dont vous pourrez lire ici la chronique que j'en fis), des scénarios de la série « Péchés mignons » dessinés par Arthur de Pins, de plein d'autres choses encore tout en continuant inlassablement à entretenir (première marche sur l'escalier de sa gloire) son blog Sexactu à la fois pionnier et référence du genre en France.


17 commentaires

  1. #1

    Je l'ai commencé dans le train du retour il y a quelques heures (en première classe, c'est plus simple de se concentrer, forcément ^-^), et j'avoue avoir été lourdement déçue par la courte durée du voyage, quand il me fallut refermer les pages au bout de quelques chapitres seulement...

    Et moi de me réjouir de mon prochain trajet en train :)

  2. #2

    Par le à

    Bon, quand j'aurais terminé mon Kem Nunn (avec l'excellent "Tijuana Straits") j'essayerai le roman de Maïa.

    Le fantasy est un genre qui ne m'attire absolument pas et je ne vois pas de raisons de le lire PARCE QUE c'est Maïa qui l'écrit, mais vu de ce que tu en dis, pourquoi pas...

  3. #3

    Par le à

    Je ne suis pas un fan de fantasy non plus mais là, justement, le genre n'est qu'un prétexte et on l'oublie en fait assez rapidement : l'histoire aurait pu se passer dans les sous-sol du métro de Tokyo après que la centrale de Fukushima eût entièrement fondue...

    Tu peux le lire les yeux fermés ! :D

  4. #4

    Par le à

    OK, je te fais confiance... Ou plutôt je vous fais confiance (étant donné que Mlle Catherine semble le trouver pas mal aussi !)

  5. #6

    Par le à

    J'te crois pas ! ^^

    Par contre, je viens de commander le bouquin... et lu quelques dix commentaires. Comment dire ? Le roman ne semble pas avoir la côte : Convenu, caricatural, personnages stéréotypés... Aussi, ces avis défavorables proviennent manifestement de passionnés de fantasy (???) Je garde donc espoir !

  6. #7

    Par le à

    Sur quel site (si ce n'est pas indiscret) ?

    Que j'aille voir à quoi ça ressemble des gens qui ne savent pas lire... ;)

  7. #8

    Pour trouver des gens qui ne savent pas lire (et pas écrire non plus), je pense que n'importe quel forum consacré à Justin Bieber ou à la trilogie Twilight devrait faire l'affaire ^-^

  8. #9

    Par le à

    En réalité les avis que j'ai lus sont très partagés, comme d'habitude. Je les ai trouvés sur Amazon, où j'ai commandé le bouquin, mais aussi en surfant un peu sur d'autres sites. Sinon, j'ai trouvé le com de "Dwiddy" intéressant ^^. Si ça t'intéresse :

    http://www.amazon.fr/product-reviews/2070343243/ref=dp_top_cm_cr_acr_txt?ie=UTF8&showViewpoints=1

    De toute façon je me ferai mon propore avis !

  9. #10

    Par le à

    Bon, eh bien je ne sais pas si mon avis t'intéresse... -Honnêtement, je te trouve plutôt distant depuis quelque temps (?)-

  10. #11

    Par le à

    Distant ? o_O

    En terme de kilomètres, certainement... pour le reste, ton avis m'intéresse, évidemment.

    Je te rappelle quand même que les distances et les barrières (pas de mail, tout ça), c'est toi qui les a posées et que je n'ai fait que les respecter. ;)

    Donc vas-y, express yourself ! :D

  11. #12

    Par le à

    Bon, j'ai pas oublié, mais j'aimerais faire ça à tête reposée... or, je ne l'ai encore pas mise au repos ! ^^

  12. #14

    Par le à

    Bon, étant donné que la « tête reposée » c’est pas pour demain, je me lance dans l’aventure : Critiquer le bouquin de Maïa auprès de son admirateur number one, c’est une aventure à haut risque ^_^

    Alors pour commencer, histoire de détendre l’atmosphère, je vais dire que j’aimerais être capable d’écrire un roman comme le sien, ça fait partie de mes rêves, sauf que je n’ai pas le talent requis ! Pour parfaire mon bonheur il me faudrait voyager autour du monde et écrire… autant dire que ce n’est pas pour demain ! A partir de là on pourrait croire que je suis jalouse de Maïa qui fait l’un et l’autre ; en un sens oui (?), ça paraît obligé… mais je n’éprouve pas de sentiments mauvais, de dépit ou de rancune… Je suis heureuse pour les gens qui mènent la vie qu’ils rêvent, je ne peux que les encourager. Quant à moi, j’ai déjà accompli un bon chemin, auquel je tiens énormément et que je souhaite continuer ; nos rêves ne sont pas forcément compatibles et il faut souvent choisir…

    Bref, tout ça pour dire que en tant que lectrice j’accorde 3 étoiles sur 5 au bouquin de Maïa. Excalibur au pays des mutants ne m’a pas autant emballée que toi. Difficile de faire l’impasse sur les personnages hauts en difformités, même si c’est clairement une image sur la différence, qu’elle a plutôt bien exploitée (j’avais prévenu la fantasy c’est pas trop ma tasse de thé), mais le message passe, on comprend la révolte légitime des rejetés ; chacun défend son bout de terrain, ses idées, sa vie, son avenir… Pourquoi vit-on sinon ?! (ça c’est pour la métaphysique ^^)

    Là où je suis entièrement d’accord avec toi c’est que Maïa Mazaurette a effectivement créé des personnages totalement contemporains dans leurs doutes, dans leurs émois, dans leur constante perplexité face au destin et leurs certitudes de l'instant (je reprends les mêmes mots). La fin de l’histoire, à laquelle on ne s’attend pas tellement c’est plat (il n’y a rien d’héroïque ou de magique alors que le personnage central en détient toutes les cartes, pas d’apothéose…), montre justement le côté humain ET contemporain.

    L’intrigue est bien ficelée, l’histoire n’est pas exempte d’originalité surtout dans les détails. L’écriture est limpide, sans fausses notes (ah si, les exclamations du genre « putain »… j’ai trouvé ça déplacé dans un roman que se veut moyenâgeux), mais pas de style particulier, de « griffe » reconnaissable ! (Je ne suis pas non plus une grande fada de « styles » : je trouve souvent que ça plombe le roman, il y a beaucoup d’auteurs qui en abusent sous couvert qu’il n’y a pas de « vrai » écrivain sans style !)

    Donc, pour conclure, j’ai trouvé ce roman incontestablement agréable à lire, qui se tien, qui nous tient… et c’est déjà pas mal !

  13. #15

    Par le à

    Bon, ça vaut ce que ça vaut ! Je me suis essayée à la critique littéraire sur un blog, là :

    http://livres.fluctuat.net/blog/18755-jean-jacques-antier-l-ecrivain-de-la-mer.html

    et aussi la :

    http://livres.fluctuat.net/blog/18850-jean-jacques-antier-l-ecrivain-de-la-mer-2eme-partie-.html)

    mais on se rend vite compte qu’il y une différence entre dire « j’aime » et le pourquoi... sans parler qu’on peut ne pas apprécier un roman et être capable de lui reconnaître des qualités artistiques. Ca demande selon moi de la sensibilité, une bonne capacité d’analyse et un minimum de culture littéraire (ce qui me fait défaut)

  14. #16

    Par le à

    Marrant que pour un gars qui s'appelle "Antier", tu le coupes en deux parties ! :D

    Sinon, oui, la critique littéraire (comme toute critique, en fait) est difficile.
    Mais je ne crois pas qu'il est besoin d'être un spécialiste pour s'autoriser à le faire sauf à vouloir étaler une érudition pour de plus ou moins bonnes raisons...

    Expliquer pourquoi on aime tel livre, tel film, telle musique peut (doit ?) se faire simplement.

    Ensuite, il faut considérer le pourquoi de la critique (qu'est-ce que je veux transmettre), le pour qui (à quel public je m'adresse), enfin le comment (comparaison, cri du coeur, dissection froide, tout ça...).

    En fait, critiquer, c'est déjà un peu écrire pour nous les jaloux qui en sommes incapables ! :)

  15. #17

    Par le à

    Oui, tu as raison... mais c'est quand même pas évident. On a conscience d'aimer -ou pas- quelque chose, mais le pourquoi est plus difficle à saisir, et donc à transmettre...

    (ça me rappelle les doutes de Mlle Cathrine vis-à-vis de son boulot !)

    "En fait, critiquer, c'est déjà un peu écrire pour nous les jaloux qui en sommes incapables" De qui tu parles ? je ne vois personne ici qui ne sache pas écrire ^^

    PS : En tout cas, dans le domaine de la littérature un genre qui me plaît beaucoup c'est l'aventure ! ^^

Fil RSS des commentaires de cet article


Écrire un commentaire…

Précaution anti-spam

… ou lire un article au hasard

(rafraîchir cette liste avec F5)