Peinture murale de Dominique Larrivaz représentant un chien allongé et souriant, visible rue des Frigos, à Paris 13
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Réseau social, tu perds ton sang-froid !

J'ai fait un drôle de rêve cette nuit...

Imaginez une prison à l'air libre... Les prisonniers y viennent d'eux-mêmes et certains s'y installent à demeure.
Aucune trace de grilles ou de gardiens...

C'est dans cette prison que je me suis rendu. De grands bâtiments carrés aux murs blancs surmontés d'une toiture bleue, uniforme.


Si vous ne l'avez pas déjà reconnue, pas de suspens : cette prison, c'est Facebook.

Et pourquoi rêvé-je de Facebook ?
Parce que depuis un moment, l'idée d'y ouvrir un compte me travaille.

Il y a dans cette idée autant de "bonnes" raisons que de raisons liées à la simple curiosité... Il y a surtout le fait (et ça, ça m'inquiète !) que le Chien est en train de regagner du terrain sur un Loup fatigué de cette liberté sauvage pour laquelle, visiblement, il ne semblait pas fait...

Le fait aussi que ces trois dernières années, durant lesquelles la faim, le froid et la solitude se sont invitées régulièrement, ont été particulièrement difficiles.

Donc, parmi les "bonnes" raisons qui me feraient ouvrir un compte Facebook, il y a le fait que je ne désespère toujours pas de trouver un boulot en relation avec le grand Internet.
Et bosser sur Internet sans connaître Facebook c'est un peu vouloir être maître-nageur et avoir peur de l'eau... Déjà que je ne connais pas Windows... !

Le fait aussi que de plus en plus d'amis proches y sont connectés.

J'en suis toujours là de mes hésitations mais se poser la question c'est déjà un peu y répondre et en toute honnêteté, la décision d'ouvrir un compte est quasiment déjà prise.
Ne reste plus qu'à le faire vraiment.
Et espérer que ça ne se passe pas comme dans mon rêve !

Mon rêve, donc...


La pluie rendait le sol glissant et donnait aux murs un aspect gris sale. Le bleu de la toiture semblait par contre plus intense, se confondant parfois aux teintes d'encre sombre d'un ciel triste à pleurer...
Des gens affairés et indifférents à mon statut de nouvel arrivant se croisaient dans un désordre apparent, s'arrêtant parfois pour se scruter puis reprenaient leur errance formicide...

Comme prévu, mes amis vinrent me chercher sur le patio central. Souriants et heureux de nous voir, nous échangeons quelques banalités pendant que je me laisse conduire dans un dédale de larges bâtiments rectangulaires tous semblables.
Devant l'un d'eux, nous poussons une porte et pénétrons dans une cantine immense. Des tables en gros bois non nappées à perte de vue. Des bancs de chaque côté d'icelles. Des marmites gorgées d'un plat unique — sorte de ragoût de haricots et de navets baignant dans un jus jaunasse et bouillonnant — étaient disposées sur certaines tables autour desquelles une foule bruyante venait mécaniquement y remplir des écuelles ébréchées.
Je goûte. Je trouve ça ni bon, ni mauvais. L'impression d'avoir bien mangé mais d'avoir encore faim : l'estomac est satisfait mais les papilles sont en manque... À la suite de cet étrange repas collectif où tout le monde mange debout — malgré les bancs — nous ressortons de la cantine et longeons des coursives reliant les bâtiments ce qui nous met en partie à l'abri de la pluie.

Un des bâtiment arbore quelques lumignons colorés autour de son unique porte d'entrée que nous ne franchissons pas. Pour une raison inconnue, la porte coulissante se déclenche à intervalles parfaitement réguliers mais personne, absolument personne, ne songe ni à entrer ni à sortir...

Après avoir contourné d'autres bâtiments, nous arrivons sur une place épargnée par la pluie. Le sol est fait d'un sable compacté d'un jaune assez proche du ragoût sur lequel des tracés blanchâtres délimitent les "chambres".
La mienne se trouve à l'autre extrémité de la place près d'un arbuste assez curieux : pleins de fruits rouges aux formes bizarres faisant se ployer des branches fines et sans feuilles. Je m'allonge sur un lit fait de gravier et m'endors.

Je suis réveillé par les hurlements hystériques de types lisant chacun et à très haute voix, un livre différent ! Je me lève précipitamment et remarque un quai de gare derrière le muret qui sépare la place ensoleillée du reste de ce monde où la pluie, toujours, continue de tomber.
Je m'approche du quai et décide de prendre le train qui y stationne. Je cherche vainement un panneau qui indiquerait la direction de ce train, voire l'heure de son départ.
Des centaines de personnes déambulent sur le quai. Certaines montent dans un wagon puis en redescendent ausssitôt. D'autres s'accrochent, essoufflées et hagardes, aux montants de fer de chaque côté des portes grandes ouvertes comme si elles venaient de s'agripper in extremis au tout dernier train.
Je patiente sur le quai lorsqu'une voix familière me fait un signe de la main. Je veux la suivre mais je suis incapable de bouger, fasciné par la sarabande des "voyageurs" qui semblent attendre depuis mille ans que ce train veuille bien partir !

La même voix, à nouveau. Je me retourne et le paysage est devenu d'un blanc aveuglant ! Plus aucun bâtiment, plus de pluie, plus de place...


Ce matin, je me suis levé de bonne heure. Le soleil était déjà chaud, le café n'allait pas tarder à l'être...
Je vais encore réfléchir avant de m'inscrire.


20 commentaires

  1. #1

    Par le à

    Les raisons professionnelles semblent valables.

    Sinon, je me suis acheté un bouquin : "Facebook m'a tuer"

    Voici une critique : http://livres.fluctuat.net/alexandre-des-isnards/livres/facebook-m-a-tuer/12641-chronique-Soyons-transparents.html

    Je connais le chroniqueur, Benjamin Berton, je lui fais toujours confiance. En tout cas, si ça peut t'aider à te faire une idée sur Facebook, ou je dirais plutôt : reconnaître les pièges dans lesquels ne pas tomber !

    Perso, ça ne me dit rien car je n'ai aucune envie de discuter avec des personnes que je connais par le biais de l'informatique, et surtout de sujets qui sont généralement issus du quotidien : boulot, maison, famille...!)

  2. #2

    Par le à

    Pour aller plus loin, je te conseil vivement la lecture de l'article "Et nous assistâmes, les bras ballants, à la privatisation du web" par Raphaël Meltz :

    http://www.le-tigre.net/Et-nous-assistames-les-bras.html

  3. #3

    Par le à

    Merci Lewo, je vais lire ça ce week-end.

    Au passage, superbe site ton "miAouw - =(o.O)=".

    :)

  4. #4

    Par le à

    Par contre, "Facebook m'a tuer"... laisse tomber !

    Maintenant que j'ai terminé "Dehors, les chiens les infidèles" ^^ j'ai commence à lire ce bouquin sur Facebook. Celui-ci est écrit sous forme d'une trentaine de petites histoires, et dès la première, eh bien, ça fiche déjà une claque !

    Personnellement j'ai l'impression d'être presque vierge de tous ces outils de communication : Je ne fais partie d'aucun réseau social, je ne tweet pas, n'envoie presque pas de mails en dehors de boulot, ne tchate pas sur MSN, mon portable est quasiment tout le temps déchargé... Mais il y a les blogs, et ça suffit déjà pour rentrer dans ce nouveau moule de la "culture facebook" !

    Je crois donc que faire de la résistance... c'est peine perdue. On est tous cuits ! ^^

    De rien...

  5. #5

    Par le à

    @Lewo. J'ai lu l'article, je le garde sous le coude et ne manquerais pas de faire passer l'info à tous les amateurs de facebook que je connais !

    Je sens depuis le début une sorte d'aversion -instinctive ?- pour tous ces réseaux, maintenant au moins je sais pourquoi.

    Merci

  6. #6

    Par le à

    @Anaïs. Facebook reste un outil (à défaut d'un autre) qui peu s'avérer pratique de par son accessibilité (je pourrais citer de nombreux exemples ou Facebook deviens un super outil). Il ne faut pas forcément dénigrer ce genre de technologies ; je pense qu'il faut savoir les apprivoiser, les comprendre pour pouvoir les utiliser "correctement" (à partir de là, on peu peut-être y trouver un intérêt, ou pas). C'est un avis personnel... être curieux.

    @Éric. Merci pour Miaouw.

  7. #7

    Par le à

    Le milieu professionel s'empare du phénomène Facebook, je veux bien croire qu'il s'agit d'un outil intéressant !

    De toute façon, je ne suis pas une référence : pour moi les technologies sont vécues comme une contrainte !

  8. #8

    Allez y'a pas de raison, je vais venir sniffer un peu ton blog à toi aussi... toi qui dit des cochoncetés aux jeunes filles sur sexactu!

  9. #9

    Par le à

    Des cochoncetés ? Pas possible... pas moi...
    Ça ne peut être qu'autrui ! ^^

    Et welcome par ici. :)

  10. #10

    Par le à

    J'ai toujours beaucoup aimé interpréter les rêves (les miens, bien sûr). Manque de pot, ça fait quelques années - au réveil - que je ne me les rappelle plus.
    Donc, mais bon c'est juste une petite et rapide interprétation de la manière dont tu le relates (couleurs, non-dits criants, images allusives), tu as déjà (en ébauche) la réponse à cette question qui t'interpelle.
    Pour la fin du post, tu attends du courrier ? Non, je dis ça parce que le train, blablabla...

  11. #11

    Par le à

    Pareil que toi Pimprenelle. A une époque je me dépachais d'écrire les rêves que je faisais avant de les oublier... Maintenant, au reveil, pfuit, plus rien !

    En tout cas le rêve d'éric est, comment dire, lugubre (?) mais n'est pas loin de ce qui est raconté dans le livre "Facebook m'a tuer", sauf que ce dernier est raconté avec humour. De l'humour qui respire le pathétime !

  12. #12

    Par le à

    pathétiSme... (il faut absolument que je change mon clavier !)

  13. #13

    Par le à

    Pimprenelle : je ne suis pas un adepte de l'interprétation des rêves : je préfère garder le mystère et la poésie qu'ils recèlent au moins pour ceux dont je me souviens...
    Il va sans dire que j'ai également "romancé" le rêve en question pour les besoins de la cause. :)

    Anaïs : rien de lugubre, non... c'était même encore plus bizarre et incohérent dans le rêve (j'allais dire "en vrai")... du rêve initial, j'ai juste gardé la chronologie et l'atmosphère "freaky"... j'ai omis certains passages et "enjolivé" certains autres...

    Facebook (sur lequel je me suis finalement inscrit et sur lequel je suis encore plus sceptique qu'avant !) n'est dans cette histoire qu'un catalyseur... qui tombait bien pour raconter ça !

  14. #14

    Par le à

    Tu as raison « lugubre » ne convient pas, je le sentais bien (d’où mon point d’interrogation) mais sur le moment je n’ai pas su traduire mon sentiment. « Freaky » c’est pas mal ^^

    Vis-à-vis de tes questionnements sur Facebook, le livre que j’ai évoqué ne convient pas vraiment, je veux dire par là que les « travers » qu’il dénonce ne sont pas propres à Facebook mais concerne les changements dans nos comportements sociaux depuis l’avènement d’internet et l’évolution fulgurante des technologies. « La norme sociale est en train de changer » que disait Mark Zuckerberg (fondateur, comme tu le sais probablement de Facebook). O combien il a raison !

    Il s’agit de petites histoires « drôles » sur l’utilisation qu’on fait d’internet, des I-phone, des I-Pad… de notre nouvelle manière de communiquer via les SMS, les MSN, les e-mails, les blogs… On parle aujourd’hui de génération « y ». Même ceux qui ne veulent pas rentrer dans ce « flux » n’y échappent pas car nos « amis » nous taguent, nous pistent, nous pokent, nous géocalisent sans prévenir… ils prennent des photos de vous qui se retrouvent sur facebook sans vous demander votre avis non plus (j’ai rencontré ce problème !), etc, etc…

    Je me demande ce que tu aurais pensé de ce qu’ils racontent au sujet du « consumérisme amoureux »… Personnellement j’ai surtout été frappée par le récit des « câlins virtuels » à savoir des internautes qui s’envoient des « je t’aime », des mots doux et de petits cœurs tout plein partout… Les auteurs terminent l’histoire en disant que grâce à Facebook, on peut obtenir des « free hugs » à tout moment, on récolte ce que l’on « s’aime ». On se sculpte un « moi » avec des gens qui vous admirent, vous cajolent, vous encouragent en échange du même traitement...

  15. #15

    Par le à

    Tu t'es donc inscrit... Bah, je ne m'inquiète pas pour toi, tel que je te connais tu restera discret... (pour ne pas dire distant ^^). Avec toutes les précautions que tu ne manqueras pas de prendre, aucun risque que quoi que ce soit te retombe dessus !

  16. #16

    Par le à

    éric, it's a fucking jungle out there!

  17. #17

    Par le à

    Fin de l'aventure Facebook. J'ai désactivé le compte.
    Ça m'aura au moins permis de vérifier ce que nous soupçonnons tous : facebook n'est qu'une vaste fumisterie.

    J'aurais pu en faire un article détaillé mais ça n'en vaut pas même la peine... poubelle !

  18. #18

    Bah, fallait être mon "ami" sur facebook: au moins, tu aurais bien rigolé (l'avantage d'y avoir un minimum de contacts, c'est qu'on peut s'aventurer très, très loin dans le politiquement incorrect) (et ça permet aussi de trouver des adresses de plombiers pas chers!).

  19. #19

    Par le à

    Attention : je ne critique pas l'utilisation que les gens en font (pour certains ça se révèle même utile) mais je trouve que l'outil facebook (le logiciel) est une escroquerie intellectuelle (c'est du pur marketing, quoi).

    Et je ne suis pas plombier... :D

  20. #20

    Comme tous les logiciels et les produits NT, ce ne sont QUE des outils, et ils ne sont que ce qu'on en fait (ou ce que l'on nous en pousse à en faire, mais après libre à nous d'être des gogos ou non).

    FB n'est pour moi qu'un centralisateur d'info associatives, etc. rien de plus. C'est d'ailleurs pour cela que je ne partage jamais mon adresse FB : elle est strictement utilitaire et le restera.

    Je ne suis pas plus tendre avec ce p... de MSN, qui impose maintenant son interface sociale cette s...loperie maintenant intégrée à Hotmail.
    Dès qu'ils ont commis cette forfaiture, je me suis configuré en "hors ligne" de manière définitive !
    (Je ne supporte pas le côté gluant du Chat avec ses discussions chronophages et sans intérêt.

    Le téléphone me hérisse les poils itou ! J'en ai un usage strictement utilitaire et/ou professionnel -à de très rares exceptions près.

    Si je veux parler à quelqu'un c'est en chair et en os que j'aime le faire.

    Sinon c'est courrier, mail ou commentaire sur un fofo ou un blogrblglh (Je viens de m'étouffer avec mon café - fait éminemment bloguesque que je me dois de poster tant il est insignifiant ! ).
    Avec tous les moyens de communications actuels il me semble indispensable de baliser son territoire, faute de quoi, on se fait envahir par le néant-gluant du vacuum-socialising.

    Bons remèdes au cauchemar Cul-de-Chévrien !

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