Peinture murale de Dominique Larrivaz représentant un chien allongé et souriant, visible rue des Frigos, à Paris 13
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Vie privée ou privé de vie ?

"L'affaire DSK", bien qu'en cours d'instruction, a relancé en France le débat sur le secret de la vie privée des hommes et femmes politiques et accessoirement de toutes les personnes proches du cercle restreint des "décideurs".


D'un côté, les tenants résolus d'une américanisation croissante de notre société et donc de notre droit, veulent abolir le silence complice des journalistes sur les affaires de cœur et de cul des dirigeants. De l'autre, de farouches nostalgiques de la discrétion bourgeoise semblent craindre de perdre ce qui fait le sel du pouvoir : le sexe à volonté.

Le point d'achoppement, en ce qui concerne les personnalités politiques, est le moment où la vie privée influencerait la vie publique.

Un tel moment est par nature bien difficile à définir.
D'autant qu'en France et tout particulièrement ces dernières années, les liaisons officielles ou officieuses entre journalistes et personnel politique ont explosé ! Et ces journalistes (très souvent des femmes) dont la mission consiste justement à rendre compte aussi impartialement que possible des faits et gestes des politiciens (majoritairement des hommes) ont après tout parfaitement le droit de vivre une belle histoire d'amour.

On peut par contre, nous public, s'interroger sur l'impartialité des débats, interviews et autres comptes rendus diffusés par des journalistes qui non seulement couchent avec leur "sujet" mais qui sont de plus employées par des entrepreneurs très souvent amis ou collègues dudit "sujet"...

Pour autant, je suis partisan de laisser la vie privée à sa place. Dire que la vie privée peut influencer la vie publique me semble une lapalissade et rien ne prouve qu'un ministre fidèle serait plus compétent qu'un ministre volage... si compétence il y a, bien sûr.
Il est hors de question d'imposer un cadre juridique aux relations consenties entre adultes consentants au prétexte d'un possible conflit d'intérêt. On imagine les dérives possibles en entreprises si au cours d'un entretien d'embauche, un postulant chez Renault déclare que sa conjointe travaille chez Peugeot, ou qu'une DRH de France Telecom a comme époux un administrateur des Pompres Funèbres Générales !
S'il doit y avoir une décision morale à prendre, elle doit être la seule décision des personnes concernées. Il est toujours temps de saisir la justice après coup (!) s'il s'avère que le conflit d'intérêt a fait des petits sur un compte off-shore...

Le droit ne doit pas déterminer par avance si deux professions, en vertu de leurs compétences transversales, sont interdites de rapports horizontaux !

Une autre évidence est de considérer que tout ce qui ressort de l'agression, de la contrainte physique, du harcèlement moral voire de la simple pression, genre : "une petite pipe contre un gros tuyau", ne relève pas du domaine de la vie privée mais bien du code pénal !

Et, pour tout ce qui relève du pénal, donc tout ce qui n'est pas explicitement consenti, geste comme parole, le dépôt de plainte devrait pouvoir être facilité et traité rapidement pour éviter que des dossiers ne s'endorment et ne croupissent sous les étouffoirs d'hermine de magistrats qui ne sont pas eux-mêmes à l'abri de possibles conflits d'intérêt vis-à-vis du pouvoir politique qui les a nommés...

Par contre, entretenir moult maîtresses et force amants relève à mon sens, de la plus stricte intimité et n'a pas à être étalé en une des magazines.

J'irais même plus loin.
Je considère qu'aucun magazine ou journal ne devrait se rabaisser à publier les histoires familiales ou adultères des élus pas plus que les joyeuses partouzes du show-bizz quand bien même le "public" serait demandeur, quand bien même les personnes adultères ou partouzardes seraient ravies de cette notoriété !
Le risque encouru par cet étalage (outre la facilité de remplissage) est bien évidemment l'instrumentalisation de la vie privée.

Imaginez (c'est un exemple...) que l'épouse d'un dirigeant accouche en direct au journal de 20h00 et ce, quelques semaines avant une élection majeure ?
Les mêmes qui plaident aujourd'hui pour la transparence de la vie privée au nom de la non-interférence sur la vie publique seraient bien en peine de justifier une telle imposture.


8 commentaires

  1. #1

    Par le à

    Entièrement d'accord !

    Hier, j'écoutais une journaliste américaine qui racontait, toute excitée, que l'affaire DSK était le genre d'histoire qu'on rêve de traiter dans une carrière... Ecoeurant !

  2. #2

    Par le à

    je connais une belle journaliste... : "Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir" ? !!

  3. #3

    Par le à

    je voudrais poster une réclamation de Bisounours (pour les curieux): C'est bien de décrier le traitement de l'info pour DSK, mais qu'aurais-tu fait à la place des journalistes? entre le respect de la vie privée et le respect de la France au plan international? ...
    de plus (perso) les métaphores c'est bien, le "je tu il" ça va encore, mais quand on parle d'autres sujets, par exemple le bricolage ou les armes à feu, what's the F... ?!!
    C'est sûrement très simple, comme il parait simple de conduire une fois qu'on sait. et last but not least, quand on demande l'heure, on est censé deviner quelle heure est il? !!
    Il y a clairement "qqch" qui ne tourne pas "rond", et pourtant, elle tourne !!!

    PS: c'est comme parler des entreprises et des OPA, gravement, et pendant 3 heures, je suis plutôt intéressé par laquestion, et là encore, c'ets une métaphore... encore faut-il le savoir.

    ^_^

  4. #4

    Par le à

    Difficile à dire après coup d'autant que je ne suis pas journaliste...

    Mais je crois pouvoir dire que je n'aurais pas cédé au sensationnalisme qui a prévalu toute cette semaine tout simplement parce que dans cette histoire il y a quand même une femme qui dit avoir été violée et que ça aurait dû suffire à calmer la surenchère médiatique.

    La détresse de cette femme a été réléguée au fin fond des articles, loin derrière les jérémiades stupides des copains de parti de DSK et ça c'est juste abominable : deux poids, deux mesures.

    À lire pour compenser :

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/05/20/affaire-dsk-oui-il-faut-prendre-au-serieux-la-femme-victime_1524815_3232.html

    et

    http://www.slate.fr/story/38337/dsk-defense-outrances

  5. #5

    Par le à

    J'ai lu les liens... je vois comment il a passé au travers des filets !

    J'ai une amie qui me disait hier que Sarkozy savait très bien ce qu'il faisait en le proposant président du FMI. Aux état-Unis, sa conduite ne passera pas... !

  6. #6

    Par le à

    comment il EST passé... pffffffffff

  7. #7

    Par le à

    L'intérêt de la théorie du complot sarkozyen est qu'elle est très simple.
    1) Sarkozy est, "comme tout le monde", au fait de la vie sexuelle débridée de DSK (sur ce point ils sont tous égaux) et de ses approches plus prédateur que séducteur.
    2) Sarkozy propose DSK au FMI, qui ne l'a pas volé.
    Etant donné mes maigres connaissances en économie, je ne me permettrai pas de juger de sa compétence.
    3) La candidature de DSK se profile, il s'attendait à ce que Sarkozy le détruise et comptait les jours. Et au bout d'une semaine, scandale. Maintenant, pour ce qui est de savoir ce qui s'est réellement passé, l'avenir nous le dira.

    éric, tu n'as plus qu'à publier l'article sur les thèses (du PS, sur le cadre uniquement puisque d'où ils sont ils n'ont aucun moyen de savoir s'il y a réellement eu une agression) et antithèses en pagaille :)

  8. #8

    Par le à

    @ "anaïs en rose":
    La théorie du complot sarkozyen n'est pas si simple à mon sens:
    1) Sarkozy est comme tout le monde, au fait de la vie _privée_ de DSK, mais plus que tout le monde, car si il veut, il est quand même président... donc bien informé. Mais veut-il vraiment détruire un adversaire avec des ragots de bas étage (ce qui l'éclabousserait au passage, il a lui aussi des adversaires).
    Et non, DSK et sarko ne sont pas égaux en ce sens, L'un est président et L'autre "homme politique", ce qui donne des pouvoirs différents!
    2) Sarko a "pris le risque" de proposer DSK au FMI, mais voilà le retour sur investissement...
    3) ce qui s'est réellement passé, tout le monde le sait, c'est dans les journaux... Mais sérieusement, est ce que ça détruit DSK ou L'image de la France? Les deux... Mais tant pis, ce qui compte c'est qu'elle "continue de tourner" !! ^_^

    J'attends avec impatience (comme toi) le déroulement des évènements pour les prochaines élections. Sans DSK mais avec le PS et Sarkoko.

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